Nichoir oiseau : choisir le bon modèle et bien l’installer

Un nichoir à oiseau efficace se choisit d’après l’espèce visée : c’est le diamètre du trou d’envol qui décide qui s’installe (26 à 28 mm pour la mésange bleue, 32 mm pour la mésange charbonnière, façade semi-ouverte pour le rouge-gorge). Posez-le en automne ou au début de l’hiver, entre 2 et 5 m de haut, trou orienté à l’est ou au sud-est, à mi-ombre et solidement fixé sur un tronc ou un mur. Supprimez le perchoir, ajoutez une plaque métallique autour du trou et videz-le une fois par an, en octobre ou novembre.
Quel nichoir pour quel oiseau ?
Les oiseaux qui utilisent un nichoir sont des espèces cavernicoles : dans la nature, elles nichent dans un arbre creux, un trou de mur ou sous une tuile. Ces cavités se font rares avec l’abattage des vieux arbres et la rénovation des bâtiments. Chaque espèce a ses exigences, et un trou trop grand laisse entrer un concurrent plus gros ou un prédateur. Les dimensions ci-dessous sont celles recommandées par la LPO et l’Observatoire des oiseaux des jardins pour les nichoirs fermés.
| Espèce | Trou d’envol | Fond intérieur | Hauteur intérieure | Trou au-dessus du fond | Hauteur de pose |
|---|---|---|---|---|---|
| Mésange noire | 25 à 27 mm | 10 x 10 cm | 17 cm | 11 cm | 2 à 4 m |
| Mésange bleue | 25 à 28 mm | 13 x 13 cm | 23 cm | 17 cm | 2 à 5 m |
| Mésange charbonnière, moineau friquet | 32 mm | 14 x 14 cm | 23 cm | 17 cm | 2 à 6 m |
| Moineau domestique | 32 à 40 mm | 14 x 14 cm | 23 cm | 17 cm | 3 à 8 m |
| Rougequeue à front blanc | ovale 32 x 46 mm | 14 x 14 cm | 23 cm | 17 cm | 1,5 à 4 m |
| Sittelle torchepot, étourneau sansonnet | 46 à 50 mm | 18 x 18 cm | 28 cm | 21 cm | 4 m minimum |
Un trou de 28 mm réserve le nichoir aux petites mésanges : la mésange bleue et ses cousines y entrent, la charbonnière non. À 32 mm, la charbonnière et les moineaux peuvent l’occuper. La sittelle torchepot s’installe dans les trous plus larges et les rétrécit elle-même avec de la boue.
Les oiseaux des nichoirs semi-ouverts
Certaines espèces refusent les boîtes fermées et cherchent une large ouverture. Le nichoir semi-ouvert, dont la moitié supérieure de la façade est absente, convient au rouge-gorge, au rougequeue noir, au troglodyte mignon, au gobemouche gris et aux bergeronnettes grise et des ruisseaux. La LPO conseille de le fixer sur un mur, dans un endroit calme, entre 1,5 et 3 m de hauteur. Une plante grimpante, du lierre ou une vigne vierge autour du nichoir le rendent moins visible. Un modèle semi-ouvert accroché en pleine vue sur un poteau isolé est vite repéré par les pies et les chats. Placez-le sous un avant-toit ou un auvent pour que la pluie n’entre pas par la large ouverture.
Les trois modèles de nichoirs
La LPO propose trois plans adaptés aux oiseaux des jardins. Ils se construisent avec une seule planche et quelques vis.
- Le nichoir « boîte aux lettres » : une boîte fermée percée d’un trou rond. C’est le modèle classique, le plus simple à fabriquer, qui convient aux mésanges, aux moineaux, à la sittelle et à l’étourneau selon le diamètre du trou.
- Le nichoir à balcon : une version améliorée de la boîte, avec une avancée qui sépare le trou d’envol de la chambre de nidification. Les poussins sont plus loin de l’entrée, donc mieux protégés de la pluie et des pattes des prédateurs.
- Le nichoir semi-ouvert : une façade ouverte sur sa moitié haute, pour les espèces citées plus haut.
Pour les mésanges, un critère compte plus que le modèle : l’espace intérieur. Une mésange bleue pond souvent une dizaine d’œufs et la nichée doit tenir dans la boîte jusqu’à l’envol. Le fond doit donc mesurer au moins 12 x 12 cm, avec au moins 15 cm entre le bas du trou et le fond. Les petits nichoirs décoratifs vendus en jardinerie ne respectent pas toujours ces cotes.
Matériaux et dimensions : les critères d’un bon nichoir
Le bois massif reste le meilleur matériau. Choisissez une essence qui résiste à l’humidité : mélèze, pin, chêne, cèdre rouge, ou contreplaqué marine en dernier recours. Une épaisseur de 2 cm isole du froid comme de la chaleur ; ne descendez jamais sous 1 cm. Évitez le contreplaqué ordinaire et l’aggloméré, qui gonflent à l’humidité, ainsi que le métal et le plastique, qui favorisent la condensation. Le béton de bois, utilisé par plusieurs fabricants, dure très longtemps.
- Intérieur brut : ni ponçage ni traitement. Les jeunes doivent pouvoir s’agripper aux rugosités pour sortir ; si la planche est lisse, gravez des rainures horizontales sous le trou.
- Extérieur neutre : laissez le bois se patiner. Si vous voulez le protéger, utilisez de l’huile de lin, de la cire d’abeille ou du brou de noix, jamais de peinture ni de vernis.
- Toit amovible ou façade ouvrante, pour le nettoyage annuel.
- Fond percé de deux ou trois trous de 5 mm pour la ventilation et l’écoulement de l’eau.
- Assemblage vissé avec des vis galvanisées, le fond pris en sandwich entre les parois pour qu’il ne tombe pas.
- Pas de perchoir sous le trou : les oiseaux n’en ont pas besoin et il sert d’appui aux prédateurs.
Fabriquer un nichoir soi-même
Un nichoir « boîte aux lettres » se fabrique en une heure avec une seule planche. La LPO publie des plans cotés pour les trois modèles. Le matériel nécessaire :
- une planche de bois massif résistant à l’humidité (mélèze, pin, chêne ou cèdre rouge) de 2 cm d’épaisseur ;
- une scie cloche du diamètre voulu (28 ou 32 mm selon l’espèce) montée sur une perceuse, et des mèches de 3 et 5 mm ;
- une dizaine de vis galvanisées de 4 x 30 mm et un tournevis ;
- une ou deux charnières pour le toit, deux crochets et anneaux de fermeture ;
- en option, de l’huile de lin pour l’extérieur.
Pour un abri rapide, l’Observatoire des oiseaux des jardins propose aussi un pot de fleurs en terre cuite d’environ 15 cm de diamètre : agrandissez le trou d’écoulement au diamètre voulu, ou cassez la moitié du fond pour obtenir un nichoir semi-ouvert, puis fixez le pot solidement contre un mur ou une poutre.
Où placer un nichoir pour oiseaux ?
L’emplacement compte autant que le nichoir. Choisissez un coin calme, loin d’une allée de passage, sur un tronc d’arbre ou un mur. Le nichoir doit être fixé à un support rigide : jamais suspendu à une branche ni accroché à son extrémité, car il balance au vent et devient accessible aux prédateurs.
- Orientation : trou d’envol tourné vers l’est ou le sud-est, jamais face aux vents dominants ni à la pluie, qui viennent souvent de l’ouest.
- Exposition : ni plein soleil, où la boîte surchauffe, ni ombre complète. Visez un endroit ombragé aux heures chaudes de l’après-midi.
- Inclinaison : faites pencher le nichoir légèrement vers l’avant pour que l’avancée du toit abrite le trou de la pluie.
- Hauteur : celle du tableau selon l’espèce, soit 2 à 5 m pour la plupart des mésanges et au moins 4 m pour la sittelle et l’étourneau.
- Support : évitez le hêtre et les troncs couverts de mousse, trop humides, ainsi que les branches fragiles des peupliers et des bouleaux.
Pour fixer le nichoir à un arbre sans le blesser, l’Observatoire des oiseaux des jardins conseille une barre de fixation vissée au dos du nichoir et un fil électrique gainé passé autour du tronc, avec une cale de bois entre le fil et l’écorce.
Quand installer un nichoir ?
Le nichoir doit être en place dès l’automne ou au début de l’hiver. Les mésanges prospectent les cavités dès janvier, bien avant de pondre, et un nichoir posé en avril a peu de chances d’être occupé la même année. Une installation précoce a un second intérêt : en hiver, certains oiseaux s’y abritent pour la nuit, comme le troglodyte mignon qui y dort parfois en groupe. Si vous ratez cette fenêtre, posez quand même le nichoir au printemps : il pourra accueillir une seconde nichée ou servir l’année suivante.
La saison de nidification s’étend en gros de mars à juillet selon les espèces. Une fois les oiseaux installés, laissez le nichoir en place et ne le déplacez plus jusqu’à l’automne. Les nids, les œufs et les poussins des espèces protégées sont protégés par la loi : les manipuler ou les détruire est interdit.
Protéger la nichée contre les prédateurs
Chats, pies, écureuils, lérots et pics épeiches s’attaquent aux nichées. Quelques précautions réduisent fortement ce risque :
- ne placez pas le nichoir au faîte d’un mur ni près d’une branche horizontale qui sert de plateforme d’accès ;
- vissez une plaque métallique percée autour du trou d’envol : elle empêche pics, lérots et écureuils de l’agrandir ;
- dans un nichoir boîte, fixez un coin de bois à l’intérieur sous le trou pour éloigner les poussins de l’ouverture ;
- contre les grimpeurs, entourez le tronc d’une ceinture anti-chats (type « Stop-minou ») ou de branches épineuses orientées vers le bas.
Les modèles à balcon et les nichoirs profonds limitent aussi les captures : plus la distance entre le trou et le fond est grande, plus il est difficile pour une patte de chat ou un bec de pie d’atteindre les poussins.
Combien de nichoirs installer, et à quelle distance ?
La plupart des oiseaux défendent un territoire contre leurs congénères. Plusieurs nichoirs identiques serrés les uns contre les autres restent vides ou provoquent des conflits. Variez plutôt les modèles et respectez ces distances minimales entre deux nichoirs du même type :
- 15 à 20 m pour la mésange bleue et le gobemouche gris ;
- 40 à 50 m pour la mésange charbonnière ;
- 70 à 80 m pour le rougequeue à front blanc et la sittelle torchepot ;
- 200 m pour la bergeronnette grise.
Le moineau domestique, le moineau friquet et l’étourneau sansonnet font exception : ils nichent en colonie et acceptent des nichoirs côte à côte, voire des nichoirs à plusieurs compartiments fixés sous un avant-toit. Dans un jardin de taille moyenne, un nichoir à 28 mm, un à 32 mm et un semi-ouvert couvrent déjà les espèces les plus courantes.
Nettoyer et entretenir le nichoir
Un nettoyage annuel limite les parasites (puces, acariens, larves de mouches) qui s’accumulent dans les vieux nids. Le bon moment est octobre ou novembre : la saison de reproduction est terminée, et le nichoir n’est pas encore occupé par une chauve-souris, un loir, un lérot ou une reine de guêpe en hibernation.
- Ouvrez le toit ou la façade et retirez tout le contenu : mousse, crins, plumes, coquilles, poussière.
- Brossez l’intérieur avec une brosse métallique.
- Si les parasites étaient nombreux, passez un coup de chalumeau ou badigeonnez l’intérieur d’essence de thym ou de serpolet. N’utilisez aucun insecticide ni désinfectant chimique.
- Vérifiez la fixation, l’étanchéité du toit et l’état de la plaque métallique, puis refermez.
Pendant la saison, n’ouvrez pas le nichoir pour regarder les œufs : les parents risquent d’abandonner la nichée. Suivez les allées et venues avec des jumelles, à distance, et comptez les jeunes à l’envol. Vous pouvez saisir vos observations sur Faune-France ou participer à l’Observatoire des oiseaux des jardins.
Pourquoi mon nichoir reste-t-il vide ?
Un nichoir inoccupé la première année n’a rien d’anormal : les oiseaux ont parfois déjà choisi leur site, ou découvrent le nichoir trop tard. Si rien ne se passe après deux ou trois saisons, vérifiez les points suivants :
- le trou est-il adapté aux espèces présentes dans votre jardin, et le nichoir assez spacieux ?
- le nichoir est-il en plein soleil, face au vent ou au passage, ou visible depuis un poste de chat ?
- est-il peint, verni ou traité, ce qui peut repousser les oiseaux ?
- le jardin offre-t-il de quoi nourrir une nichée : haies, arbres, insectes, absence de pesticides ?
Si tout est conforme, déplacez simplement le nichoir à l’automne. Un abri parfait dans un jardin sans chenilles restera vide : les mésanges nourrissent leurs poussins presque exclusivement d’insectes au printemps.
Questions fréquentes sur les nichoirs à oiseaux
Comment faire venir les oiseaux dans un nichoir ?
Posez le nichoir à l’automne, avec un trou adapté aux espèces déjà présentes chez vous, dans un endroit calme et à mi-ombre. Un jardin accueillant fait le reste : haies d’arbustes indigènes, arbres, coin d’herbes hautes, point d’eau et aucun pesticide. Le nourrissage d’hiver fidélise les mésanges, qui prospectent ensuite les nichoirs proches de leur source de nourriture.
Faut-il mettre quelque chose dans un nichoir ?
Non. Laissez le nichoir vide : les oiseaux apportent eux-mêmes mousse, herbes, crins et plumes pour construire leur nid à leur goût. Ne mettez ni paille, ni coton, ni nourriture à l’intérieur, qui attireraient l’humidité, les rongeurs ou les parasites. Le seul aménagement utile est un intérieur brut et rugueux pour que les jeunes puissent grimper jusqu’au trou.
Comment orienter un nichoir ?
Tournez le trou d’envol vers l’est ou le sud-est. Cette orientation évite les vents et les pluies dominants, qui viennent le plus souvent de l’ouest en France, et apporte le soleil du matin sans la chaleur de l’après-midi. Inclinez légèrement le nichoir vers l’avant pour que le toit protège l’entrée.
Quels oiseaux nichent sous les toits et les tuiles ?
Le moineau domestique, le martinet noir, l’étourneau sansonnet et le rougequeue noir utilisent les cavités sous les tuiles, les avant-toits et les trous de façade. L’hirondelle de fenêtre colle son nid de boue sous les débords de toit. La rénovation des toitures supprime ces sites : des nichoirs intégrés ou fixés sous l’avant-toit les remplacent.
Peut-on installer un nichoir sur un balcon ?
Oui, si le balcon est calme et végétalisé. Fixez le nichoir solidement au mur, à au moins 2 m de hauteur si possible, à l’abri du soleil direct de l’après-midi et hors de portée des chats. Les mésanges et le rougequeue noir s’installent volontiers en ville, à condition de trouver des insectes à proximité pour nourrir leurs jeunes.