Oiseaux du jardin

Durée de vie du rouge-gorge : combien de temps vit-il ?

Julie Panier3 février 202610 min
Rouge-gorge familier perché dans un roncier

Un rouge-gorge vit en moyenne environ 13 mois dans la nature. Ce chiffre bas s’explique par la mortalité très forte des jeunes la première année. Un adulte qui atteint l’âge de se reproduire vit en général 2 ans, et quelques individus dépassent largement ce cap : le record connu en Europe est de plus de 19 ans, pour un rouge-gorge bagué en République tchèque.

Les chiffres de la longévité du rouge-gorge

Les valeurs qui circulent sur la durée de vie du rouge-gorge paraissent contradictoires : 13 mois, 2 ans, 8 ans, 11 ans, 19 ans. Elles mesurent en réalité des choses différentes. La moyenne inclut tous les oiseaux nés dans l’année, dont la plupart meurent jeunes. Les records, eux, proviennent d’oiseaux bagués puis retrouvés des années plus tard. Le tableau ci-dessous rassemble les données publiées par les organismes de baguage et les associations ornithologiques.

IndicateurValeurSource
Espérance de vie moyenne à la naissanceEnviron 13 mois (1,1 an)Synthèse des données de baguage
Durée de vie typique d’un oiseau qui atteint l’âge adulte2 ansBTO (Royaume-Uni)
Survie annuelle des adultesEnviron 42 %BTO
Survie des jeunes la première annéeEnviron 41 %BTO
Âge maximal connu cité par la LPO11 ansLPO
Record britannique (baguage)8 ans, 4 mois et 30 jours (1977)BTO
Record européen (baguage)Plus de 19 ans et 4 mois (République tchèque)EURING
Deuxième record européen17 ans et 3 mois (Pologne)EURING

Retenez deux réponses. Si vous vous demandez combien de temps vit un rouge-gorge « en moyenne », la réponse est un peu plus d’un an. Si vous voulez savoir combien de temps il peut vivre au maximum dans la nature, la réponse est près de 20 ans, mais c’est exceptionnel.

Pourquoi la durée de vie moyenne est si courte

Le rouge-gorge pèse 16 à 22 g. Comme la plupart des petits passereaux, il compense une vie courte par une forte reproduction : 2 couvées par an, parfois 3, de 5 à 6 œufs chacune. Un couple peut donc produire plus de 10 jeunes en une saison. Pour que la population reste stable, il suffit qu’en moyenne deux de ces jeunes survivent assez longtemps pour se reproduire à leur tour.

Les données britanniques montrent qu’environ 4 jeunes sur 10 seulement passent leur première année, et que les adultes ont ensuite chaque année à peu près la même probabilité de mourir. Concrètement, sur 100 rouges-gorges adultes vivants au printemps, environ 42 seront encore en vie l’année suivante, 18 deux ans plus tard et 7 au bout de trois ans. La moyenne de 13 mois résulte de cette mortalité régulière, bien plus que d’un vieillissement.

Les causes de mortalité du rouge-gorge

Peu de rouges-gorges meurent de vieillesse. Leur durée de vie dépend surtout de la météo, de la nourriture disponible et des prédateurs qu’ils croisent. Les principales causes de mortalité sont les suivantes.

  • Les hivers froids : le rouge-gorge se nourrit surtout d’insectes et de vers au sol. Quand le sol gèle ou se couvre de neige plusieurs jours, il ne trouve plus assez de proies pour passer des nuits longues et froides, et la mortalité devient importante.
  • Les prédateurs : chats domestiques, épervier d’Europe et autres rapaces pour les adultes ; chats, corvidés et petits mammifères pour les œufs et les oisillons, dans des nids construits au ras du sol.
  • Les combats territoriaux : le rouge-gorge défend son territoire toute l’année. Les affrontements entre rivaux se terminent parfois par la mort de l’un d’eux. Dans certaines zones étudiées, ils expliqueraient jusqu’à 10 % des morts d’adultes.
  • L’absence de territoire : un rouge-gorge qui ne parvient pas à s’installer sur un territoire en hiver meurt souvent au bout de quelques semaines, faute d’accès à la nourriture.
  • La migration : une partie des rouges-gorges, surtout les femelles et les jeunes, migre de nuit vers le sud. Le voyage expose à l’épuisement, aux intempéries et aux collisions.
  • Les causes humaines : chocs contre les vitres et les véhicules, raréfaction des insectes liée aux pesticides et, malgré la protection de l’espèce, braconnage encore signalé dans le Midi.
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La première année, la période la plus dangereuse

Le jeune rouge-gorge quitte le nid vers l’âge de 2 semaines, alors qu’il vole encore mal. Ses parents le nourrissent pendant 2 à 3 semaines, puis il doit se débrouiller seul. Il porte alors un plumage brun tacheté, sans plastron orange, et se cache dans la végétation basse. C’est à ce stade qu’il est le plus vulnérable aux chats et aux rapaces.

Viennent ensuite la mue de l’été, puis l’automne, où chaque jeune doit conquérir un territoire face aux adultes déjà installés et aux migrateurs venus du nord. Ceux qui échouent n’ont pas accès à une source de nourriture stable pour l’hiver. Un rouge-gorge qui a survécu à son premier hiver a de bien meilleures chances : sa probabilité de mourir chaque année reste ensuite à peu près constante.

Comment connaît-on l’âge des rouges-gorges ? Le rôle du baguage

Toutes les données de longévité viennent du baguage. Des bagueurs agréés posent à la patte de l’oiseau une bague métallique portant un numéro unique et l’adresse du centre de baguage. En France, ce programme est coordonné par le Centre de recherches sur la biologie des populations d’oiseaux (CRBPO), rattaché au Muséum national d’Histoire naturelle. Chaque fois que l’oiseau est recapturé, contrôlé ou retrouvé mort, le numéro permet de connaître le temps écoulé depuis le baguage.

Les données sont ensuite centralisées à l’échelle européenne par EURING, qui publie la liste des records de longévité. Le signe « plus de » devant le record de 19 ans et 4 mois a un sens précis : l’oiseau avait été bagué adulte, son âge réel au moment du baguage était inconnu. Il a donc vécu au moins 19 ans et 4 mois. Si vous trouvez un rouge-gorge bagué, mort ou vivant, notez le numéro de la bague et signalez-le au CRBPO : c’est ainsi que ces records sont établis.

Peut-on savoir l’âge d’un rouge-gorge ?

À distance, vous pouvez seulement distinguer un juvénile de l’année d’un adulte. Le juvénile est brun moucheté de chamois, sans orange, jusqu’à sa mue partielle entre juin et septembre. Une fois cette mue terminée, il ressemble à un adulte.

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Les bagueurs, qui ont l’oiseau en main, repèrent un détail supplémentaire : chez l’oiseau de première année, l’extrémité des grandes couvertures de l’aile forme une petite barre rousse, qui persiste jusqu’à la mue de l’été suivant. Elle permet de dater un oiseau dans sa deuxième année calendaire. Au-delà, aucun critère du plumage ne permet de connaître son âge : seule une bague posée tôt dans sa vie le permet.

Le rouge-gorge de votre jardin est-il toujours le même ?

Pas forcément. Avec une durée de vie moyenne d’un peu plus d’un an, le rouge-gorge que vous observez cet hiver a de fortes chances d’être un autre oiseau que celui de l’an dernier. Un individu installé peut cependant rester plusieurs années sur le même territoire. En hiver, les rouges-gorges locaux côtoient en plus des migrateurs venus d’Europe du Nord, et la LPO précise que les oiseaux que l’on voit chez soi d’une année sur l’autre sont généralement des individus différents.

Le rouge-gorge qui « disparaît » en juillet et réapparaît en septembre n’est pas forcément mort : il mue et se cache pendant l’été. Ce comportement est expliqué dans notre article où sont les rouges-gorges en été.

Aider le rouge-gorge à vivre plus longtemps

Vous ne changerez pas la biologie de l’espèce, mais un jardin bien aménagé réduit plusieurs causes de mortalité. Les gestes les plus utiles visent l’hiver, les prédateurs et les vitres.

  • Pendant les périodes de gel ou de neige, proposez des vers de farine et de la graisse sans filet sur un plateau bas. Les aliments adaptés et ceux à éviter sont détaillés dans notre guide que mange le rouge-gorge et dans nos conseils pour nourrir les oiseaux du jardin en hiver.
  • Gardez un point d’eau propre et non gelé.
  • Installez la mangeoire près d’un buisson refuge, mais à l’écart des cachettes d’où un chat peut bondir. Évitez de laisser sortir votre chat tôt le matin pendant la période des envols, en mai et juin.
  • Rendez visibles les grandes baies vitrées avec des motifs collés à l’extérieur.
  • Conservez haies denses, lierre et feuilles mortes : ils abritent le nid et les proies.
  • Bannissez les pesticides, qui réduisent sa nourriture.

Détenir un rouge-gorge en cage est interdit : l’espèce est protégée par l’arrêté du 29 octobre 2009. Un oiseau blessé doit être confié à un centre de soins pour la faune sauvage. Pour tout savoir sur l’espèce, de l’identification au chant, consultez notre fiche complète sur le rouge-gorge.

Questions fréquentes sur la durée de vie du rouge-gorge

Combien de temps vit un petit rouge-gorge ?

Un jeune rouge-gorge a environ 4 chances sur 10 de survivre à sa première année, d’après les données de baguage britanniques. Les autres meurent avant leur premier printemps : prédation au sortir du nid, faim, froid, échec à trouver un territoire. Ceux qui passent ce cap vivent en général encore un à deux ans, parfois beaucoup plus.

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Quelle est la durée de vie d’un rouge-gorge en liberté ?

En liberté, la durée de vie moyenne est d’environ 13 mois, et un adulte vit typiquement 2 ans. Les records de longévité sont tous des oiseaux sauvages suivis par baguage : plus de 19 ans en République tchèque, 17 ans et 3 mois en Pologne, 8 ans et 4 mois au Royaume-Uni. Ces âges restent très rares.

Le rouge-gorge vit-il plus longtemps en captivité ?

La question ne se pose pas en France : le rouge-gorge est une espèce protégée, et il est interdit de le capturer, de le détenir, de le transporter ou de le vendre. Un rouge-gorge recueilli blessé doit être confié à un centre de soins agréé, qui le relâchera dès qu’il sera capable de se nourrir et de voler.

À quelle saison meurent le plus de rouges-gorges ?

La mortalité est la plus forte en hiver, lors des périodes de gel et de neige qui empêchent l’accès aux insectes et aux vers du sol. L’été est aussi une période délicate pour les jeunes juste sortis du nid, encore maladroits et très exposés aux chats. Les adultes en mue, au milieu de l’été, réduisent leurs déplacements et se cachent.

Sources

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