Que mange le rouge-gorge ? Son régime et quoi lui donner en hiver

Le rouge-gorge mange surtout des insectes, des larves, des araignées et des vers de terre, qu’il chasse au sol. En automne et en hiver, il complète ce régime avec des baies et des fruits. Au jardin, les meilleurs aliments à lui proposer en hiver sont les vers de farine, la graisse végétale sans filet, les graines décortiquées et concassées, les flocons d’avoine et les fruits, posés au sol ou sur un plateau bas. Évitez le pain, le lait et tout aliment salé.
Le régime naturel du rouge-gorge
Le rouge-gorge est un insectivore. Son bec fin et pointu est fait pour saisir de petites proies molles, pas pour casser des graines dures. Selon la LPO, il consomme :
- des insectes et leurs larves : coléoptères, chenilles, pucerons, perce-oreilles, fourmis, mouches ;
- des araignées, des mille-pattes et des cloportes ;
- des vers de terre ;
- de petits mollusques, comme les jeunes escargots ;
- en automne et en hiver, de petites baies : mûres, myrtilles, sureau, if, lierre, fusain, aubépine, troène, cornouiller, viorne.
Il chasse presque toujours au sol. Posté sur une branche basse, il repère une proie dans les feuilles mortes ou sur la terre nue, descend la saisir et remonte. Il sautille aussi au sol et s’arrête net pour attraper un insecte. Son grand œil sombre lui permet de chasser dans la pénombre des sous-bois, tôt le matin et tard le soir.
Que mange le rouge-gorge selon les saisons ?
Le menu du rouge-gorge suit la disponibilité des proies. Il ne devient jamais granivore, mais la part de végétal augmente fortement quand les insectes se font rares. Le tableau ci-dessous résume son alimentation naturelle et ce que vous pouvez lui offrir à chaque saison.
| Saison | Dans la nature | Ce que vous pouvez lui proposer |
|---|---|---|
| Printemps | Insectes, chenilles, vers, araignées ; chenilles et larves pour les oisillons | Rien à la mangeoire : un jardin sans pesticides, riche en insectes |
| Été | Insectes, larves, vers, premiers fruits mûrs | Un point d’eau propre et peu profond, un sol paillé et ombragé |
| Automne | Insectes, baies (sureau, mûres, lierre, fusain), fruits tombés | Des arbustes à baies, des feuilles mortes laissées au pied des haies |
| Hiver | Baies, insectes cachés, compost, déchets de cuisine | Vers de farine, graisse végétale, graines concassées, flocons d’avoine, pomme |
Que mange le rouge-gorge en hiver ?
L’hiver est la saison difficile. Quand le sol gèle ou se couvre de neige, les vers et les insectes deviennent inaccessibles, alors que le rouge-gorge doit accumuler assez d’énergie dans la journée pour passer de longues nuits froides. Il se rapproche alors des maisons, fouille les tas de compost et de fumier, mange les baies restantes et fréquente les mangeoires. Il lui arrive même d’entrer dans les granges, les garages ou les cuisines pour chercher de la nourriture. C’est la période où votre aide compte le plus.
Que mange le rouge-gorge en été ?
Au printemps et en été, le rouge-gorge trouve assez d’insectes, de chenilles et de vers pour se nourrir et élever ses jeunes. Les oisillons ont besoin de protéines animales : leurs parents leur apportent surtout des chenilles et des larves. La LPO déconseille de nourrir les oiseaux pendant la reproduction, car les graines et les graisses ne conviennent pas aux poussins. Pendant les canicules, quand le sol sec raréfie les vers, un point d’eau et un coin de paillis humide l’aident davantage qu’une mangeoire.
Quelle nourriture donner au rouge-gorge en hiver ?
Le rouge-gorge n’a pas les mêmes besoins que les mésanges ou les moineaux. Il préfère les aliments mous, riches en protéines ou en graisse, et les petites graines faciles à avaler. Voici les aliments qui lui conviennent, du plus apprécié au plus occasionnel.
- Les vers de farine : c’est sa nourriture préférée à la mangeoire. Vivants ou séchés, ils se rapprochent de son régime naturel. Les vers séchés peuvent être réhydratés quelques minutes dans de l’eau tiède.
- La graisse végétale : pains ou boules de graisse végétale, toujours sans filet, émiettés sur un plateau. Le filet plastique peut piéger les pattes.
- Les graines décortiquées et concassées : tournesol décortiqué, mélanges fins pour oiseaux insectivores, arachides non salées concassées. Il ne peut pas ouvrir les graines à coque dure.
- Les flocons d’avoine : crus et secs, en petite quantité. Ne les donnez jamais cuits ni mélangés à du lait.
- Les fruits : pomme ou poire coupée en morceaux, fruits un peu flétris, raisins secs trempés dans l’eau. Une pomme tombée laissée au sol l’attire aussi.
- Les pâtées pour insectivores : mélanges du commerce à base de graisse, d’insectes séchés et de graines fines.
Les mélanges vendus « pour mésanges et rouges-gorges » conviennent s’ils contiennent surtout des graines décortiquées et des insectes séchés. Évitez ceux où dominent le blé, le maïs entier ou les grosses graines, que le rouge-gorge laisse de côté.
Les aliments à ne jamais donner
Certains aliments de la cuisine semblent pratiques mais rendent les oiseaux malades. La LPO déconseille formellement les aliments suivants, pour le rouge-gorge comme pour tous les oiseaux du jardin.
- Le pain, les biscottes et les restes de pâtisserie : trop salés, peu nourrissants, ils gonflent dans le tube digestif et causent des troubles.
- Le lait et les produits laitiers : les oiseaux ne digèrent pas le lactose, ce qui peut provoquer des troubles digestifs mortels.
- Les aliments salés : chips, cacahuètes salées, lard salé, restes de repas assaisonnés.
- Les graisses de cuisson, les graisses animales et le fromage, à remplacer par de la graisse végétale.
- Les boules de graisse vendues dans un filet, sauf à retirer le filet avant de les servir.
Quelle mangeoire pour le rouge-gorge ?
Le rouge-gorge se nourrit au sol et s’accroche mal aux mangeoires suspendues, contrairement aux mésanges. Une boule de graisse pendue à une branche lui est presque inaccessible. Il faut donc lui réserver un poste de nourrissage adapté.
- Un plateau bas ou une mangeoire posée au sol, de préférence avec un petit toit contre la pluie.
- Près d’un abri : un buisson dense à quelques mètres, où il pourra se réfugier en cas d’alerte.
- Loin des cachettes des chats : évitez les massifs bas collés au plateau, d’où un chat peut bondir.
- Propre : nettoyez le plateau chaque semaine et retirez les restes moisis pour limiter les maladies.
- Avec de l’eau : une coupelle peu profonde, changée tous les jours, dégelée par temps froid.
Le rouge-gorge est territorial : un seul individu défendra souvent le plateau contre les autres rouges-gorges. Si vous en voyez deux, prévoyez deux points de nourrissage éloignés.
Quand commencer et arrêter de nourrir le rouge-gorge ?
La LPO recommande de nourrir les oiseaux uniquement en hiver, surtout pendant les périodes de froid prolongé, de la mi-novembre environ jusqu’à mars. Selon les régions, le nourrissage peut débuter aux premières gelées. Une fois que vous avez commencé, gardez une distribution régulière : le rouge-gorge intègre votre plateau dans son circuit quotidien et compte dessus.
Au printemps, quand les insectes réapparaissent, diminuez les quantités sur une à deux semaines plutôt que d’arrêter d’un coup. Le reste de l’année, aidez-le autrement : haie d’arbustes à baies, tas de feuilles mortes, coin de lierre, compost ouvert et aucun pesticide. Ces aménagements le nourrissent mieux qu’une mangeoire. Notre guide pour nourrir les oiseaux du jardin en hiver détaille les besoins des autres espèces qui partageront le plateau.
Questions fréquentes sur l’alimentation du rouge-gorge
Quelles graines donner au rouge-gorge ?
Des graines décortiquées et de petite taille : tournesol sans coque, de préférence concassé, mélanges fins pour insectivores, arachides non salées broyées. Le rouge-gorge a un bec d’insectivore et ne décortique pas les graines dures. Les graines restent un complément : il préfère les vers de farine et la graisse végétale, posés à sa portée.
Le rouge-gorge mange-t-il des flocons d’avoine ?
Oui, il en mange volontiers à la mangeoire en hiver. Proposez-les crus et secs, en petite quantité, éventuellement mélangés à un peu de graisse végétale pour former une pâtée. Ne donnez jamais de flocons cuits, de porridge ou de flocons trempés dans du lait : le lactose est indigeste pour les oiseaux.
Le rouge-gorge mange-t-il des pommes ?
Oui. En automne et en hiver, il picore les pommes tombées et les fruits blets. Vous pouvez poser au sol une demi-pomme ou des morceaux de pomme ou de poire, à renouveler avant qu’ils ne moisissent. Les fruits complètent les protéines des insectes et des vers de farine sans les remplacer.
Que mangent les bébés rouges-gorges ?
Les oisillons sont nourris par leurs parents de proies animales molles : chenilles, larves, petits insectes et araignées. Ne leur donnez jamais de pain, de lait ou de graines. Un jeune au sol, emplumé et capable de sautiller, est généralement encore nourri par ses parents : laissez-le en place. Un oisillon blessé ou sans plumes doit être confié à un centre de soins pour la faune sauvage.
Faut-il nourrir le rouge-gorge en été ?
Non. En été, la nature lui fournit les insectes et les larves dont ses jeunes ont besoin, et les aliments de mangeoire ne conviennent pas aux poussins. Offrez-lui plutôt de l’eau et un jardin vivant. À cette saison, le rouge-gorge mue et se fait discret, comme l’explique notre article où sont les rouges-gorges en été. Pour tout savoir sur l’espèce, consultez notre fiche sur le rouge-gorge.