Bergeronnette grise : reconnaître le hochequeue du jardin

La bergeronnette grise (Motacilla alba) est le passereau noir, blanc et gris qui trottine sur les pelouses, les parkings et les berges en hochant sans cesse sa longue queue. Elle mesure environ 18 cm et pèse 19 à 27 g. Elle se nourrit de petits insectes pris au sol ou au vol et niche dans une anfractuosité de bâtiment. En France, on la voit toute l’année, même si une partie des oiseaux migre. Elle est protégée.
Reconnaître la bergeronnette grise
Sa silhouette suffit souvent : corps fin, longues pattes noires, queue aussi longue que le corps et agitée de haut en bas. Au sol, elle marche et court au lieu de sautiller. En vol, elle progresse par grandes ondulations en lançant son cri.
| Critère | Bergeronnette grise |
|---|---|
| Nom scientifique | Motacilla alba, famille des Motacillidés |
| Longueur | 18 à 19 cm |
| Envergure | 25 à 31 cm selon les sources |
| Poids | 19 à 27 g |
| Adulte au printemps | calotte, nuque, gorge et bavette noires, front et joues blancs, dos gris cendré |
| Adulte en hiver | gorge blanche, noir réduit à un croissant sur la poitrine |
| Femelle | noir moins pur et moins étendu, dos souvent plus clair |
| Juvénile | gris et blanchâtre, sans calotte noire |
| Ailes et queue | deux barres alaires blanches, queue noire bordée de blanc |
| Longévité | âge moyen 2,8 ans, maximum connu 13,7 ans |
| Statut | protégée en France, « préoccupation mineure » sur la liste rouge UICN France |
Plumage du printemps et plumage d’hiver
En France niche la sous-espèce alba. Au printemps, l’adulte a l’arrière de la calotte, la nuque, le menton et la gorge noirs, prolongés par une large bavette noire sur la poitrine. Le front et les côtés de la tête sont blancs, le dos gris cendré uni, le ventre blanc avec les flancs lavés de gris. Les couvertures noirâtres bordées de blanc dessinent deux barres claires sur l’aile. Après la mue de fin d’été, la tête s’éclaircit nettement : le noir recule, la gorge blanchit et il ne reste qu’un croissant noir en haut de la poitrine jusqu’au printemps suivant.
Bergeronnette grise femelle, juvénile et bergeronnette de Yarrell
Mâle et femelle se ressemblent. Chez la femelle, le noir est moins pur, la limite entre la tête noire et le dos gris est floue et la calotte noire moins étendue. Le juvénile surprend : sans calotte noire, il est gris et blanchâtre, avec du gris sombre là où l’adulte est noir. Une seconde sous-espèce, la bergeronnette de Yarrell (yarrellii), niche dans les îles Britanniques : le mâle a le dos noir brillant au lieu de gris. Elle peut être observée en hiver dans les jardins de France.
Hochequeue, lavandière : les autres noms de la bergeronnette
La bergeronnette grise doit à sa queue agitée en permanence le surnom de hochequeue, autrefois appliqué à toutes les bergeronnettes. Elle a aussi longtemps été appelée lavandière. Selon la LPO, ce nom évoque sa présence au bord des cours d’eau, mais surtout ses hochements répétés, qui rappelaient le geste des lavandières battant le linge au lavoir. Ces deux noms comptent dix lettres, ce qui en fait des réponses classiques de mots croisés pour la définition « bergeronnette ». Son nom anglais, White Wagtail, signifie à peu près « remue-queue blanc » : il insiste lui aussi sur ce mouvement de queue.
Où vit la bergeronnette grise et migre-t-elle ?
Elle occupe les milieux ouverts à végétation rase ou à sol nu, secs ou humides, souvent près de l’eau sans en dépendre : cultures, bords de plans d’eau, pelouses urbaines, terrains vagues, voirie et parkings, décharges. Elle a besoin d’un accès facile au sol pour chasser et, au printemps, de cavités pour nicher. À l’origine, elle trouvait ces sites dans les berges érodées et les rochers. Les bâtiments et les ponts l’ont rendue très commune près de l’homme.
C’est une migratrice partielle. Les populations nordiques partent hiverner vers les régions méditerranéennes et jusqu’en Afrique tropicale. En Europe de l’Ouest, une partie reste l’hiver, notamment dans l’ouest de la France, les îles Britanniques et autour de la mer du Nord. Hors reproduction, elle est sociable : elle se nourrit en groupes lâches dans les prés et les champs et dort en dortoirs collectifs dans les arbres, les haies ou parfois les roseaux.
Que mange la bergeronnette grise ?
Elle est insectivore et mange presque uniquement de petits invertébrés. Les mouches et autres diptères dominent toujours son régime, suivis des coléoptères. Elle prend aussi des mollusques et, rarement, quelques graines. Elle chasse de trois façons :
- en marchant, elle repère les insectes au sol ou sur la végétation flottante et les cueille du bec ;
- elle court ou vole brièvement vers une proie mobile, au sol ou à faible hauteur ;
- elle saute en l’air pour saisir un insecte en vol, ou le prend à la surface de l’eau en vol stationnaire.
Elle avale la plupart des proies d’un coup et frappe les plus dures contre une pierre. On la voit souvent autour des tas de compost, des cadavres d’animaux, des laisses de mer ou des décharges, qui attirent les mouches. Au jardin, elle profite d’une pelouse tondue court et d’un compost, alors que les mangeoires à graines l’intéressent peu.
Chant et cris de la bergeronnette grise
Le cri, lancé au posé comme en vol, est le son le plus utile pour la repérer. Il est à deux syllabes : un « tsi uit » ou « ti pit » liquide, avec des variantes. Le chant est une suite continue de notes gazouillées et mouillées, de même tonalité que le cri, assez peu sonore, qui rappelle un chant d’hirondelle. Le mâle chante au printemps depuis un perchoir exposé, comme le faîte d’un toit. Il chante aussi en vol, quand il poursuit un épervier ou un autre rapace de passage : ces cris d’alerte signalent souvent l’arrivée d’un prédateur silencieux. Pour l’écouter, la page de l’espèce sur xeno-canto regroupe des enregistrements de toute l’Europe.
Nid et reproduction
La saison de nidification s’étend d’avril à juillet selon les régions. Le mâle chante d’abord pour établir son territoire, puis courtise une femelle. Le nid est placé dans une anfractuosité, le plus souvent dans un bâtiment : sous un toit, sur une poutre, dans une fissure de mur, sous un pont, dans un tas de bois ou de matériaux. Les deux partenaires le construisent avec des brindilles, des herbes sèches, des radicelles et de la mousse, puis le garnissent de poils, de laine et de plumes.
| Étape | Données |
|---|---|
| Ponte | 4 à 6 œufs gris-bleu tachetés de brun |
| Incubation | une quinzaine de jours, surtout par la femelle |
| Séjour des jeunes au nid | environ deux semaines |
| Dépendance après l’envol | une quinzaine de jours |
| Nichées par an | deux, parfois trois sous climat tempéré |
La femelle peut commencer une seconde ponte avant que les jeunes de la première soient émancipés. Le couple se partage alors la fratrie.
Les bergeronnettes de France : grise, des ruisseaux, printanière
Trois bergeronnettes nichent couramment en France. Les deux autres portent du jaune, ce qui évite toute confusion avec la grise.
| Critère | Bergeronnette grise | Bergeronnette des ruisseaux | Bergeronnette printanière |
|---|---|---|---|
| Dessus | gris | gris | vert-olive |
| Dessous | blanc | jaune, sous-caudales jaune vif | jaune |
| Tête du mâle nuptial | noire et blanche | grise, bavette noire, sourcil blanc | grise chez la forme flava, sourcil blanc |
| Queue | longue | très longue | plus courte |
| Habitat | milieux ouverts, villes, villages | bords d’eaux courantes, torrents | prairies humides, cultures |
| Présence | toute l’année, migratrice partielle | sédentaire en Europe de l’Ouest | migratrice, hiverne en Afrique subsaharienne |
La bergeronnette des ruisseaux ne s’éloigne guère de l’eau courante : elle peut visiter un jardin traversé par un ruisseau et niche dans une paroi proche de l’eau. La bergeronnette printanière n’est présente qu’à la belle saison et se voit surtout dans les campagnes ouvertes. Les trois espèces sont protégées. Pour les autres oiseaux noirs et blancs du jardin, consultez notre article pour identifier un oiseau noir au jardin et notre guide pour reconnaître les oiseaux du jardin.
Accueillir la bergeronnette grise au jardin
La bergeronnette grise vient d’elle-même là où elle trouve un sol dégagé et des insectes. Gardez une partie de pelouse rase, un compost à l’air libre et, si possible, un point d’eau. N’employez pas d’insecticides : ils suppriment ses proies. Pour la nidification, elle cache son nid dans des espaces semi-fermés. Un nichoir semi-ouvert posé sous un avant-toit ou sur une poutre apparente de grange ou d’abri peut l’attirer, comme pour le rougequeue noir, qui recherche le même type de site. Les conseils de pose figurent dans notre guide pour choisir et installer un nichoir. Laissez aussi en place les anfractuosités d’un vieux mur ou d’une toiture si un couple s’y installe.
Questions fréquentes
Quel est l’autre nom de la bergeronnette grise ?
On l’appelle hochequeue, à cause du mouvement continuel de sa queue, ou lavandière, en référence aux lavandières qui battaient le linge au bord de l’eau. Son nom scientifique est Motacilla alba et son nom anglais White Wagtail. Hochequeue et lavandière comptent chacun dix lettres, utile pour les mots croisés.
Où vit la bergeronnette grise ?
Dans tous les milieux ouverts à sol nu ou à herbe rase : champs, berges, pelouses, parkings, villages et centres-villes. Elle se tient souvent près de l’eau. Elle niche dans les bâtiments, les ponts, les tas de bois ou les rochers, en plaine comme en montagne, jusqu’à plus de 5 000 m dans l’Himalaya.
Que mange la bergeronnette grise ?
Presque uniquement de petits insectes, surtout des mouches et des coléoptères, ainsi que d’autres invertébrés et quelques mollusques. Elle les attrape en marchant, en courant ou en sautant en l’air. Elle ne vient pas aux mangeoires à graines, mais apprécie les pelouses rases et les composts riches en mouches.
La bergeronnette grise est-elle migratrice ?
Partiellement. Les bergeronnettes du nord de l’Europe migrent vers le bassin méditerranéen et l’Afrique. En France, une partie des oiseaux reste l’hiver, surtout dans l’ouest. Vous pouvez donc la voir toute l’année, et en groupes lâches lors des passages migratoires.
Comment reconnaître une bergeronnette grise femelle ?
Elle a le même plumage que le mâle, avec un noir moins pur et moins étendu sur la calotte, une limite floue entre la tête et le dos, et un dos souvent d’un gris un peu plus clair. En hiver, les deux sexes perdent une grande partie du noir de la gorge et deviennent encore plus difficiles à distinguer.
Sources
- LPO, fiche Bergeronnette grise
- Oiseaux.net, Bergeronnette grise, Bergeronnette des ruisseaux et Bergeronnette printanière
- Observatoire des oiseaux des jardins (LPO, MNHN), fiche espèce Bergeronnette grise
- UICN France, MNHN, LPO, liste rouge des oiseaux de France métropolitaine (2016)
- Légifrance, arrêté du 29 octobre 2009 fixant la liste des oiseaux protégés
- xeno-canto, enregistrements de Motacilla alba