Oiseaux du jardin

Mésange noire : identification, chant et différence avec la charbonnière

Julie Panier22 février 20269 min
Mésange noire aux joues blanches et tête noire, perchée sur une branche moussue. Fond flou vert et fleuri.

La mésange noire (Periparus ater) est l’une des plus petites mésanges d’Europe : 10 à 11,5 cm pour 8 à 10 g. Elle se reconnaît à sa tête noire aux joues blanches et surtout à la tache blanche allongée sur la nuque, avec un dessus gris bleuté, deux fines barres blanches sur l’aile et aucune trace de jaune. Oiseau des conifères, elle descend aux mangeoires des jardins en hiver, où on la confond souvent avec une petite mésange charbonnière.

Fiche d’identification

CritèreMésange noire
Nom scientifiquePeriparus ater, famille des paridés
Longueur10 à 11,5 cm
Envergure17 à 21 cm
Poids8 à 10 g
TêteNoire, joues blanches, tache blanche sur la nuque, petite huppe parfois visible
DessusGris légèrement bleuté, deux barres alaires blanches
DessousBlanc grisâtre, flancs teintés de fauve, large bavette noire
Mâle / femellePresque identiques ; femelle un peu plus terne, bavette moins nette
JuvénilePlus terne, tête brunâtre, parties blanches teintées de jaune
Longévité7 ans selon la LPO ; record connu d’un peu plus de 9 ans
Liste rouge France (nicheurs, 2016)Préoccupation mineure (LC)
ProtectionEspèce intégralement protégée

La mésange noire mâle et la femelle ne se distinguent qu’en comparaison directe : le mâle a des teintes plus franches et une bavette plus étendue. Le juvénile, visible à partir de juin, peut dérouter avec ses joues et sa tache de nuque jaunâtres. Ce jaune disparaît avec l’usure du plumage pendant l’été.

Mésange noire ou mésange charbonnière ?

C’est la confusion la plus fréquente : les deux espèces ont la tête noire et les joues blanches, et elles se côtoient aux mangeoires. Quatre critères suffisent à trancher.

CritèreMésange noireMésange charbonnière
Taille et poids10 à 11,5 cm, 8 à 10 g13,5 à 15 cm, 16 à 20 g
NuqueTache blanche allongéeNoire
VentreBlanc-beige, sans jauneJaune vif barré d’une cravate noire
DosGris bleutéVert olive
JoueOuverte vers l’arrière, rejoignant la nuque claireEntièrement fermée par un cadre noir
ChantRapide, aigu : « sitiu-sitiu-sitiu »Plus lent, sonore : « ti-dû ti-dû ti-dû »

Avec la mésange nonnette et la mésange boréale, la confusion vient de la calotte noire. Ces deux espèces ont une bavette plus petite, un dos beige-brun et des ailes brunes sans barres blanches, et leur nuque est noire. La mésange noire est la seule des quatre à porter une tache blanche à l’arrière de la tête. Les recherches « mésange noire et blanche à longue queue » désignent une autre espèce, l’orite à longue queue, dont la queue mesure à elle seule 6 à 10 cm.

Chant et cris de la mésange noire

Le chant est bisyllabique, rapide et répété en séries : « sitiu-sitiu-sitiu », « titjut titjut » ou « pitsi pitsi pitsi », parfois à trois notes comme « situit situit ». Il ressemble à une version accélérée et plus aiguë du chant de la charbonnière, avec un timbre clair que l’on apprend vite à isoler. Les mâles chantent surtout de la fin de l’hiver au début de l’été, souvent du sommet d’un épicéa ou d’un sapin.

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Le cri le plus courant est un « tji » ou « tiuh » fin et sifflé, souvent précédé d’un « sih », ce qui donne à l’oreille un « si-tiuh » typique. En hiver, ces petits cris trahissent la présence de groupes qui fouillent la cime des conifères, hors de vue. La page de l’espèce sur xeno-canto propose de nombreux enregistrements réalisés en France, dans les Alpes, les Pyrénées et en Corse.

Où vit la mésange noire ?

Son habitat préféré est la forêt de conifères, en particulier les peuplements de grands épicéas, les sapinières et les pinèdes. Elle occupe aussi les forêts mixtes, toujours là où les résineux dominent, et monte en montagne jusqu’à la limite des arbres. Les plantations d’épicéas en plaine et en colline ont étendu ses possibilités de nidification. Dans les jardins, elle fréquente les parcs et propriétés plantés de grands conifères, surtout à proximité de boisements.

L’espèce occupe toute l’Eurasie, de la façade atlantique jusqu’au Japon, et le Maghreb. En France, la LPO la décrit présente toute l’année, sauf sur les côtes atlantiques et méditerranéennes où elle arrive surtout en hiver, la Bretagne faisant exception. Certaines années, des oiseaux nordiques descendent vers le sud en très grand nombre quand les graines de conifères manquent : ces invasions hivernales, irrégulières, expliquent que la mésange noire soit abondante aux mangeoires un hiver et presque absente le suivant.

Est-elle rare ?

Non. La mésange noire est classée en préoccupation mineure sur la liste rouge des oiseaux nicheurs de France (2016). Vigie-Nature a mesuré une baisse de 40 % depuis 1989, mais la tendance s’est inversée sur les dix dernières années, avec une hausse de 27 %. Elle paraît rare à beaucoup d’observateurs parce qu’elle vit dans la cime des conifères et ne descend vers les mangeoires qu’en hiver, de façon irrégulière. Le réchauffement climatique est cité par oiseaux.net comme une menace pour cette espèce liée aux forêts d’altitude.

Reproduction et nid

La mésange noire vit en couple d’avril à juillet. Comme les autres paridés, elle niche dans une cavité : trou d’arbre, fissure de mur ou de rocher, interstice entre des racines, voire petit terrier de rongeur, car les forêts de résineux offrent peu de loges. Plus rarement, elle occupe un nichoir. La femelle aménage le nid de mousse et de poils, puis couve seule.

  • Ponte : 8 à 10 œufs, souvent 8 ou 9.
  • Incubation : environ 14 à 15 jours.
  • Envol des jeunes : vers 16 à 18 jours, les parents les nourrissant encore quelque temps après.
  • Couvées : deux par saison sont fréquentes.
  • Nourriture des poussins : surtout des chenilles et des araignées.
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Les nids au sol sont vulnérables aux prédateurs et aux fortes pluies, qui peuvent noyer la cavité. En dehors de la saison de reproduction, les mésanges noires se regroupent en bandes de quelques dizaines d’individus, parfois jusqu’à une centaine, et se mêlent aux rondes de roitelets et d’autres mésanges.

Alimentation et garde-manger

Au printemps et en été, elle mange des insectes et leurs larves (pucerons, coléoptères, mouches) et des araignées, qu’elle cherche au bout des branches et au sommet des arbres, souvent suspendue la tête en bas. En hiver, son régime devient surtout végétal : graines d’épicéa, de sapin, de pin et faînes de hêtre. Son bec fin lui permet d’extraire les graines entre les écailles des cônes.

De juin à décembre, la mésange noire stocke des graines dans des cachettes multiples : fissures d’écorce, touffes de lichen, amas d’aiguilles, trous dans le sol. Ces réserves l’aident à franchir les périodes où la neige et le givre bloquent l’accès à la nourriture. À la mangeoire, elle adopte le même comportement : elle saisit une graine de tournesol et repart aussitôt la cacher ou la décortiquer sur une branche.

Attirer la mésange noire au jardin

Elle ne vient que si l’environnement lui convient. Les leviers efficaces sont simples :

  • conserver ou planter des conifères (épicéas, sapins, pins), qui lui fournissent nourriture et abri ;
  • proposer en hiver des graines de tournesol noir et des boules ou pains de graisse sans filet, près d’un arbre où elle peut se replier ;
  • installer un nichoir « boîte aux lettres » avec un trou d’envol de petit diamètre, 25 à 28 mm, posé entre 2 et 4 m de haut ;
  • laisser en place les vieilles souches et les murets de pierres sèches, où elle trouve des cavités.

Un trou de 25 à 28 mm évite que la mésange charbonnière, plus grosse, ne prenne la place. Nos conseils de pose figurent dans le guide pour choisir et installer un nichoir, et le nourrissage d’hiver est détaillé dans le guide pour nourrir les oiseaux du jardin. Pour comparer avec les autres espèces de la famille, consultez notre panorama des mésanges de France.

Questions fréquentes sur la mésange noire

Quelle est la différence entre la mésange noire et la mésange charbonnière ?

La mésange noire est plus petite (8 à 10 g contre 16 à 20 g), n’a pas de jaune sur le ventre ni de cravate noire, et porte une tache blanche sur la nuque, noire chez la charbonnière. Son dos est gris bleuté et non vert olive. Son chant « sitiu-sitiu » est aussi plus rapide et plus aigu que le « ti-dû » de la charbonnière.

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Comment distinguer la mésange noire mâle et femelle ?

Sur le terrain, c’est presque impossible avec un seul oiseau. Le mâle a des noirs plus profonds et une bavette noire plus large et mieux dessinée, la femelle paraît un peu plus terne. La différence se voit surtout quand le couple se pose côte à côte au printemps, à la mangeoire ou près du nid.

Mésange noire ou nonnette : comment les séparer ?

La mésange nonnette a une calotte noire brillante mais une toute petite bavette, un dos brun-beige et des ailes sans barres blanches. La mésange noire a une large bavette, un dos gris, deux barres alaires blanches et la tache blanche de nuque, absente chez la nonnette. Leurs cris diffèrent aussi : « ptchou » explosif pour la nonnette, « tiuh » fin pour la noire.

La mésange noire vient-elle aux mangeoires ?

Oui, surtout en hiver et davantage dans les jardins proches d’un bois de conifères. Elle apprécie les graines de tournesol et les boules de graisse. Sa présence varie beaucoup d’une année à l’autre selon la production de graines de conifères et les arrivées d’oiseaux nordiques lors des hivers d’invasion.

Sources

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