Oiseaux du jardin

Mésange à longue queue (orite) : identification, cris, nid et vie en groupe

Julie Panier18 mars 20269 min
Mésange à longue queue posée sur une branche : tête blanche barrée d'un bandeau noir, épaules roses, longue queue noire et blanche

La mésange à longue queue (Aegithalos caudatus), aujourd’hui appelée officiellement orite à longue queue, est une petite boule de plumes blanche, noire et rose prolongée par une queue noire et blanche plus longue que son corps. Elle mesure 13 à 16 cm, queue comprise, pour 7 à 9 grammes. Elle vit toute l’année en France, en groupes familiaux bruyants qui traversent les jardins en lançant un cri roulé « tsrrr ». Elle construit un nid fermé en forme de bourse, fait de mousse, de lichens et de toiles d’araignée, garni de centaines de plumes.

Orite ou mésange à longue queue : pourquoi deux noms ?

Malgré son nom courant, cet oiseau n’est pas une vraie mésange. Les mésanges charbonnière, bleue, noire ou nonnette appartiennent à la famille des Paridés ; la mésange à longue queue est rangée dans une autre famille, les Aegithalidés, qui ne compte qu’une douzaine d’espèces, dont la plupart vivent en Asie. Pour lever l’ambiguïté, la liste officielle des noms français des oiseaux, établie par la Commission de l’avifaune française, retient le nom d’« orite à longue queue ». Le terme « mésange à longue queue » reste le plus employé par le public et par la LPO, qui intitule sa fiche « Mésange (orite) à longue queue ». C’est donc le « nouveau nom » que certains découvrent dans les guides récents. En anglais, l’espèce s’appelle long-tailed tit.

Identifier la mésange à longue queue

Sa silhouette suffit presque toujours : un corps rond de la taille d’un pouce, un bec minuscule et une queue étagée très longue. Aucun autre petit passereau des jardins n’a cette allure, comme le montre notre guide pour reconnaître les oiseaux du jardin. Les mesures et descriptions du tableau proviennent de la LPO, d’oiseaux.net et de l’Observatoire des oiseaux des jardins.

CritèreMésange à longue queue
Longueur13 à 16 cm, queue comprise
Envergure16 à 19 cm
Poids7 à 9 g
TêteBlanche avec un large bandeau noir au-dessus de l’œil jusqu’à la nuque (sous-espèce d’Europe de l’Ouest)
CorpsDos noir, épaules et croupion rose saumon, ailes noires et blanches, dessous blanc sale lavé de rose sur les flancs
QueueLongue, effilée, noire bordée de blanc
Mâle et femelleIdentiques
JuvénilePlus terne et plus brun, côtés de la tête sombres, peu ou pas de rose, tour de l’œil rouge
Longévité2,4 ans en moyenne, record de 10,8 ans
StatutProtégée en France ; préoccupation mineure (LC) sur la liste rouge des nicheurs de France (2016), avec une tendance au déclin

Mâle et femelle ne se distinguent pas sur le terrain : la question « mâle ou femelle » n’a donc pas de réponse visuelle. Le seul risque de confusion signalé par l’Observatoire concerne la bergeronnette grise, aussi noire et blanche à longue queue. Mais la bergeronnette a un bec long et fin, marche au sol en hochant la queue, alors que la mésange à longue queue reste dans les branches et descend rarement à terre.

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La mésange à longue queue blanche, du nord de l’Europe au Japon

L’espèce occupe toute l’Eurasie tempérée, de l’Europe de l’Ouest au Kamtchatka, avec 17 sous-espèces décrites. La couleur de la tête permet d’en distinguer deux en Europe. En France, on observe la sous-espèce d’Europe centrale et occidentale, europaeus, avec son bandeau noir sur l’œil. Dans le nord de l’Europe et en Sibérie vit la sous-espèce nominale, caudatus, à la tête entièrement blanche : c’est la « mésange à longue queue blanche » ou « nordique ». Les hybrides entre les deux montrent un bandeau incomplet ou à peine esquissé.

Mésange à longue queue à tête entièrement blanche, sans bandeau noir

La célèbre « mésange à longue queue du Japon », très photographiée à Hokkaido, où on la surnomme shima-enaga, est une autre sous-espèce à tête blanche, japonicus. Sa popularité sur les réseaux sociaux explique les recherches « mésange à longue queue japonaise » ou « Hokkaido ». Elle n’est pas présente en France.

Cris : une mésange presque sans chant

La mésange à longue queue se repère d’abord à l’oreille. Selon oiseaux.net, elle n’a pas de chant à proprement parler. Son cri le plus typique est un « tsrrr » ou « tsiirr » sec et roulé, répété en séries, que la LPO décrit comme un trille aigu. Entre les séries, les oiseaux émettent de petits « tet tet ». Un deuxième cri fréquent est un « sii sii sii » aigu, en trois notes. Ces cris servent au groupe à rester en contact pendant qu’il se déplace d’arbre en arbre : quand vous les entendez, attendez quelques secondes, une dizaine d’oiseaux passe souvent à la file. Des enregistrements de référence sont disponibles sur la page de l’espèce sur xeno-canto.

Une vie en groupe familial

La mésange à longue queue est rarement seule. Elle passe l’essentiel de sa vie dans un groupe familial de 3 ou 4 oiseaux au début de la nidification, qui grossit jusqu’à 20 individus ou plus en automne et en hiver, quand plusieurs familles se rassemblent. La LPO parle de « rondes » de 20 à 25 oiseaux. Le groupe défend un territoire toute l’année et reste des années dans le même secteur, sans migrer. En hiver, des mésanges charbonnières et bleues, des roitelets et d’autres petits passereaux se joignent à ces bandes. Les nuits froides, les oiseaux dorment serrés les uns contre les autres sur une branche, plumes gonflées, pour limiter les pertes de chaleur. Cette stratégie ne suffit pas toujours : selon BirdLife International, un hiver rigoureux peut faire chuter les effectifs de 80 %, et il faut ensuite plusieurs années pour retrouver le niveau antérieur.

Le nid de la mésange à longue queue

Contrairement aux vraies mésanges, qui nichent dans une cavité ou un nichoir, la mésange à longue queue construit son propre abri. Son nid est un ovale entièrement fermé, d’environ 20 cm de haut sur 12 cm de large, avec une entrée latérale dans le haut. Le couple le bâtit en 15 à 20 jours, dans la fourche d’un buisson épineux, contre un tronc couvert de lierre ou dans une branche de conifère touffue. La paroi en mousse est cousue avec des fils d’araignée, ce qui la rend élastique ; l’extérieur est tapissé de lichens qui camouflent le nid, l’intérieur garni d’une quantité impressionnante de petites plumes.

  • Période : nidification de mars à juin.
  • Ponte : 8 à 12 œufs selon la LPO.
  • Incubation : 12 à 14 jours, par la femelle seule.
  • Envol : les jeunes quittent le nid à 14 à 18 jours et restent ensuite avec leurs parents dans le groupe familial.
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Le nid, posé dans la végétation et non dans une cavité, est exposé aux prédateurs. BirdLife cite la prédation, notamment par la corneille noire, comme un facteur majeur du succès de la reproduction. Si vous trouvez un nid au jardin, ne le touchez pas et évitez de tailler la haie qui l’abrite avant la fin de l’été : l’espèce est protégée, et détruire un nid occupé est interdit.

Alimentation et accueil au jardin

Son bec court et faible ne lui permet pas d’ouvrir les graines dures. La mésange à longue queue mange surtout des insectes, leurs larves et leurs œufs, des pucerons et de petites araignées, qu’elle cherche dans les fentes de l’écorce, sur les bourgeons et sous les feuilles, souvent suspendue la tête en bas. Elle complète avec quelques graines tendres. Elle ne fréquente pas beaucoup les mangeoires à graines, mais l’Observatoire des oiseaux des jardins note qu’elle vient volontiers aux pains et boules de graisse en hiver. Pour l’attirer :

  • suspendez un pain de graisse végétale dans un support grillagé, près d’un arbuste, en suivant nos conseils pour nourrir les oiseaux en hiver ;
  • gardez des haies épaisses et des arbustes épineux (aubépine, prunellier, ronces en bordure), où elle niche ;
  • laissez le lierre sur les murs et les troncs ;
  • bannissez les insecticides, qui suppriment ses proies.

Statut et protection

La mésange à longue queue est intégralement protégée en France par l’arrêté du 29 octobre 2009 : capture, détention, destruction des œufs et des nids sont interdites. Elle est classée en préoccupation mineure sur la liste rouge mondiale et sur celle des oiseaux nicheurs de France de 2016, mais la LPO signale une population en déclin. Elle reste discrète dans les comptages : fin mai 2025, seuls 4,6 % des participants au comptage national des oiseaux des jardins en ont observé une. En ville, la situation peut s’améliorer avec une meilleure gestion des espaces verts : le Louvre indique que Paris comptait 75 à 100 couples nicheurs entre 2015 et 2018, une hausse que le musée relie en partie à l’arrêt des pesticides dans les parcs.

Questions fréquentes

Comment s’appelle la mésange à longue queue ?

Son nom officiel en français est orite à longue queue, et son nom scientifique Aegithalos caudatus. Le nom « mésange à longue queue » reste le plus courant, même si l’espèce n’appartient pas à la famille des vraies mésanges. On lit parfois simplement « orite ». En anglais, elle s’appelle long-tailed tit.

Où vit la mésange à longue queue ?

Partout en France, toute l’année, car elle est sédentaire. Elle fréquente les bois de feuillus et les bois mixtes, les lisières, les haies, les bosquets, les ripisylves, les parcs et les jardins arborés. Elle évite les grands espaces ouverts sans arbres et apprécie les zones où se mêlent arbres, buissons et clairières.

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Quelle est la mésange la plus rare en France ?

Parmi les oiseaux appelés « mésange », la rémiz penduline, ou mésange rémiz, est la plus rare comme nicheuse : elle est classée en danger critique sur la liste rouge des oiseaux nicheurs de France (2016). Parmi les vraies mésanges, la mésange boréale est classée vulnérable. La mésange à longue queue, elle, reste commune.

La mésange à longue queue vient-elle aux mangeoires ?

Rarement aux graines, car son bec est trop faible pour les ouvrir. Elle vient en revanche aux pains et boules de graisse, surtout par temps froid, souvent en petit groupe qui repart aussi vite qu’il est arrivé. Une haie dense et des arbustes à proximité de la mangeoire augmentent vos chances de la voir.

Sources

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