Perdrix rouge : identification, chant, femelle et différences avec la perdrix grise

La perdrix rouge (Alectoris rufa) est un gibier à plumes de la famille des Phasianidés, reconnaissable à son bec et ses pattes rouge vif, à sa gorge blanche cerclée d’un collier noir et à ses flancs gris barrés de blanc, de noir et de roux. Elle mesure 32 à 34 cm et vit en groupes appelés « compagnies » dans les milieux secs et ensoleillés des deux tiers sud de la France. Son chant, un « chak-chak-chakar-choukar » rauque et répété, s’entend surtout à l’aube et au crépuscule, de février à l’été. Espèce chassable, elle est classée quasi menacée au niveau mondial et européen.
Fiche d’identité de la perdrix rouge
De loin, la perdrix rouge paraît être un gros oiseau trapu, brun chaud, qui court plus volontiers qu’il ne vole. De près, sa tête est très contrastée : un sourcil blanc va du front à la nuque, une bande noire part du bec, passe par l’œil et descend former un collier autour de la gorge blanche, puis s’élargit en un plastron de taches noires sur le haut de la poitrine. Le bas de la poitrine est gris-bleu, le ventre roux. Les flancs gris lavande portent de larges barres verticales blanches, noires et rousses. Le bec, le cercle autour de l’œil et les pattes sont rouge corail.
| Critère | Perdrix rouge (Alectoris rufa) |
|---|---|
| Longueur | 32 à 34 cm (OFB) ; jusqu’à 38 cm selon oiseaux.net |
| Envergure | 47 à 50 cm |
| Poids | Mâle : 480 g en moyenne ; femelle : 400 g en moyenne |
| Mâle | Plus grand et plus lourd, un ergot sur chaque patte |
| Femelle | Même plumage, plus petite, ergot absent sur une ou deux pattes |
| Juvénile | Plumage plus terne ; distinguable de l’adulte sur le terrain jusqu’à environ 3 mois |
| Ponte | Avril-mai, 12 œufs en moyenne |
| Incubation | 23 à 24 jours |
| Longévité | Âge moyen d’environ 2 ans ; âge maximal connu de 8 ans |
| Statut légal | Espèce chassable (annexe II/2 de la directive Oiseaux) |
| Liste rouge UICN | Monde et Europe (2020-2021) : quasi menacée (NT) ; France (2016) : préoccupation mineure (LC) |
Perdrix rouge mâle ou femelle : comment les distinguer
Le dimorphisme sexuel de la perdrix rouge est très faible : mâle et femelle portent exactement le même plumage. Sur le terrain, la seule différence visible apparaît quand le couple est réuni au printemps : le mâle est plus grand, plus massif, et il se tient souvent dressé sur un promontoire pour chanter. L’écart de poids est net, environ 480 g contre 400 g selon l’Office français de la biodiversité.
Le critère fiable est l’ergot, une petite excroissance cornée à l’arrière du tarse. Chez l’adulte, un ergot sur chacune des deux pattes indique un mâle. L’absence d’ergot sur une patte ou sur les deux permet de conclure à une femelle. Ce critère ne s’utilise qu’à courte distance ou sur un oiseau tenu en main, par exemple lors des opérations de baguage ou de comptage. Les jeunes de l’année se distinguent des adultes jusqu’au début de l’automne suivant grâce à la pointe blanche de leurs deux premières rémiges primaires.
Chant et cris de la perdrix rouge
Le chant de la perdrix rouge est une série de syllabes rauques et saccadées, transcrite « chak-chak-chakar-choukar » dans les guides, très proche de celui de la perdrix choukar. Le mâle chante dressé sur une pierre, une motte ou un muret, plumes gonflées, pour marquer son territoire. Oiseaux.net rappelle que ces vocalises se transcrivent mal et conseille de les écouter : les enregistrements de xeno-canto, réalisés pour beaucoup en Hérault, en Corse et en Charente-Maritime, donnent une idée juste du rythme.
- Le chant territorial : phrase rauque répétée, qui accélère et se termine souvent par un « choukar » plus appuyé ; il est le plus audible le matin.
- Le cri d’alarme : un « go-chak-chak, go-chak-chak » régulier, dont le rythme rappelle une machine à vapeur au démarrage.
- Le cri de contact : un « chik-chik-chik » doux, qui maintient la cohésion de la compagnie au sol.
- Le cri d’envol : un cri rauque lancé au moment où l’oiseau décolle, accompagné du bruit des ailes.
Le cri de la perdrix porte un nom : on dit que la perdrix cacabe. La période de chant commence quand les compagnies se séparent et que les couples se forment, dès février dans le sud de la France. Du printemps à l’automne, les perdrix chantent et s’alimentent surtout au lever et au coucher du soleil. Vous entendrez donc la perdrix rouge en fin de journée, depuis la lisière d’une vigne ou d’une garrigue, bien plus souvent que vous ne la verrez.
Perdrix rouge ou perdrix grise : les différences
Les deux perdrix cohabitent dans le centre de la France. Elles se distinguent facilement : la perdrix grise ne porte aucune bande noire sur la tête, alors que la rouge a un masque et un collier noirs bien nets. La perdrix grise (Perdix perdix) est aussi plus petite (29 à 31 cm pour 45 à 48 cm d’envergure), plus ramassée, avec une petite tête ronde.
| Critère | Perdrix rouge | Perdrix grise |
|---|---|---|
| Tête | Gorge blanche, masque et collier noirs, sourcil blanc | Face et gorge orangé-roux, sans noir |
| Bec et pattes | Rouge corail | Bec gris, pattes brunâtres |
| Poitrine | Plastron moucheté de noir, bas gris-bleu | Gris finement rayé, tache brun foncé en « fer à cheval » sur le ventre |
| Flancs | Larges barres blanches, noires et rousses | Barres châtain plus fines |
| Taille | 32 à 34 cm | 29 à 31 cm |
| Répartition en France | Deux tiers sud, Corse comprise | Moitié nord, Massif central, Pyrénées |
| Habitat | Milieux secs : garrigue, vignes, friches, coteaux | Plaines céréalières ouvertes, landes d’altitude |
Le chant de la perdrix grise
Le chant de la perdrix grise ne ressemble pas à celui de la rouge. Le chant territorial est un « kirr-ik » ou « keiirrr-ik » bisyllabique, fort, grinçant et râpeux, que l’OFB compare au bruit d’une « porte rouillée ». Il est souvent émis au crépuscule et la nuit, de la fin de l’hiver au printemps, quand les couples se forment. De jour, on entend plutôt des « kirric-kirric » répétés. Inquiète, la perdrix grise lance un « pitt pitt pitt » sec, et les oiseaux d’une compagnie qui s’envolent ensemble poussent des cris bruyants, transcrits « rip-rip-rip ». La perdrix grise est plus loquace en groupe et au moment de l’envol.
Mâle et femelle chez la perdrix grise
Chez la perdrix grise, le mâle a la tête plus rousse et des couleurs plus vives. La femelle montre un liseré blanc au front et des gouttelettes crème sur le dessus de la tête. Le « fer à cheval » brun du ventre ne suffit pas à conclure : s’il est absent ou très incomplet, il s’agit d’une femelle, sinon on ne peut rien affirmer. En main, les plumes scapulaires tranchent : une raie simple chez le mâle, un dessin en croix de Lorraine chez la femelle. Classée en préoccupation mineure en France pour la sous-espèce de plaine, elle est en déclin depuis 2008 en plaine selon le réseau Perdrix-faisan.
Autres confusions : bartavelle et choukar
La perdrix bartavelle (Alectoris graeca), oiseau des pentes rocheuses des Alpes, ressemble beaucoup à la rouge. Son collier noir est net et sans échancrure, alors que celui de la perdrix rouge se prolonge en un plastron moucheté sur la poitrine. Ses plumes de flancs portent deux barres noires, contre une seule chez la perdrix rouge. Les deux espèces se croisent là où leurs aires se chevauchent dans les Alpes, et leurs hybrides féconds sont appelés perdrix rochassières.
La perdrix choukar (Alectoris chukar), originaire d’Asie, n’est pas présente à l’état naturel en France. Elle a pourtant été utilisée dans les élevages, et des perdrix hybrides rouge × choukar ont été lâchées pour la chasse. L’introgression de gènes de choukar a été constatée dans les populations de France, d’Espagne et d’Italie. Une perdrix au collier noir net, sans plastron moucheté, observée hors des Alpes provient donc souvent d’un lâcher.
Habitat, répartition et mode de vie
La perdrix rouge est une espèce méditerranéenne de lisière, endémique du sud-ouest de l’Europe. Les trois quarts des effectifs nichent dans la péninsule Ibérique et aux Baléares, le reste en France, en Corse et dans le nord de l’Italie. En France, elle est quasiment absente au nord et à l’est d’une ligne Mont-Saint-Michel, Paris, Dijon, Lyon, Briançon, ainsi que de la pointe bretonne. Elle dépasse rarement 1 200 m d’altitude.
Elle recherche les paysages en mosaïque : des zones d’herbe pour se nourrir, des buissons et des haies pour se cacher et nicher. Vignes, garrigues, friches, coteaux secs et cultures bordées de haies lui conviennent. Le domaine vital d’un groupe tourne autour de 30 ha en hiver et se réduit à 4 à 6 ha pendant l’incubation. Les perdrix passent la nuit au sol, dans un dortoir.
La perdrix rouge est sédentaire et grégaire. À l’automne, parents, jeunes de l’année et adultes sans nichée forment des compagnies de 10 à 15 oiseaux, parfois plusieurs dizaines par temps froid. Dérangée, elle court se mettre à couvert ; face à un rapace, elle s’aplatit au sol et compte sur son camouflage. Elle ne s’envole qu’en dernier recours, d’un vol bas, rapide et bruyant.
Alimentation
L’adulte est essentiellement végétarien. Il consomme des fleurs au printemps et en été, des graines de l’été à l’automne et des parties vertes toute l’année : graminées, céréales cultivées, luzerne, trèfle. Les invertébrés ne représentent qu’une faible part de son régime. La perdrix rouge quitte son dortoir avant l’aube pour boire, se nourrit le matin, se repose à l’ombre aux heures chaudes et revient aux points d’eau le soir.
Les poussins dépendent au contraire des insectes. Avant l’âge de 3 semaines, fourmis, sauterelles, araignées, coléoptères et larves dominent leur alimentation. Un été humide ou l’usage d’insecticides qui raréfie ces proies réduit fortement la survie des nichées.
Reproduction et nid
Les compagnies se dissocient en février dans le sud de la France et les couples monogames se forment, souvent pour plusieurs années. Le mâle creuse au sol plusieurs cuvettes, sous un buisson, dans une haie ou dans une culture, et la femelle choisit celle où elle pondra.
- Ponte : en avril-mai, 12 œufs en moyenne, blancs tachés de brun. En cas de destruction, une ponte de remplacement compte environ 8 œufs.
- Double nidification : dans 20 à 40 % des cas, la femelle pond deux couvées dans deux nids différents ; le mâle couve alors l’une d’elles.
- Incubation : 23 à 24 jours, avec des éclosions synchrones de la fin mai à la fin août, et un pic entre la fin juin et le début juillet.
- Élevage : les poussins quittent le nid peu après l’éclosion, volent vers deux semaines et atteignent la taille adulte à partir de 10 semaines. Ils restent avec leurs parents tout leur premier hiver.
Statut, déclin et chasse
La perdrix rouge figure à l’annexe II/2 de la directive Oiseaux : elle est chassable en France. Elle reste classée en préoccupation mineure sur la liste rouge française de 2016, mais son statut mondial et européen est passé à « quasi menacée » en 2021. En France, le réseau STOC mesure un déclin de 32 % entre 2001 et 2018. La population nationale était estimée à 214 000 couples sur la période 2008-2017, contre 300 000 couples lors de l’enquête de 1998.
Les causes de ce déclin sont connues : fermeture des paysages après l’abandon des cultures et des vignes, arrachage des haies, intensification agricole, pesticides, orages et sécheresses, prédation par les chats et les chiens, et prélèvements de chasse trop élevés. Les lâchers d’oiseaux d’élevage n’enrayent pas la baisse : leur survie jusqu’au printemps suivant est inférieure à 5 %, selon l’OFB.
Questions fréquentes
La perdrix rouge est-elle rare ?
Elle n’est pas rare dans le sud de la France, où elle reste commune dans les vignes, garrigues et coteaux secs. Elle devient rare au nord de la Loire et dans l’est du pays. Ses effectifs baissent pourtant partout : environ 214 000 couples en France sur 2008-2017, et un statut mondial passé à « quasi menacée » en 2021.
Quelle est la différence entre une perdrix grise et une perdrix rouge ?
La perdrix rouge a la gorge blanche entourée d’un collier noir, le bec et les pattes rouges et les flancs barrés de blanc et de noir. La perdrix grise a la face orangée sans aucun noir, le bec gris et une tache brune en fer à cheval sur le ventre. Leurs chants diffèrent aussi : « chak-chakar » rauque contre « kirr-ik » grinçant.
Quel est l’autre nom de la perdrix rouge ?
Elle n’a pas d’autre nom officiel en français : la Commission de l’avifaune française retient « Perdrix rouge ». Son nom anglais, red-legged partridge, signifie « perdrix à pattes rouges ». Le mot « perdreau » ne désigne pas une autre espèce, mais le jeune de l’année, chez la perdrix rouge comme chez la grise.
Quelle est la différence entre la perdrix bartavelle et la perdrix rouge ?
La bartavelle a un collier noir net et fermé, sans plastron moucheté en dessous, et deux barres noires sur chaque plume des flancs, contre une seule chez la perdrix rouge. Elle vit sur les pentes rocheuses des Alpes. Là où les deux espèces se rencontrent, elles s’hybrident et donnent des perdrix rochassières.
Que faire d’une perdrix rouge dans mon jardin ?
Une perdrix rouge qui se promène dans un jardin, surtout hors de sa zone de répartition, provient souvent d’un lâcher de chasse. Laissez-la repartir seule, gardez vos chats à l’intérieur quelques jours et ne cherchez pas à l’attraper. Si elle est blessée, contactez un centre de soins pour la faune sauvage ou la fédération départementale des chasseurs.
Comment s’appelle le cri de la perdrix ?
On dit que la perdrix cacabe. Chez la perdrix rouge, ce cri correspond au chant rauque « chak-chak-chakar » émis au printemps par le mâle. Chez la perdrix grise, il s’agit du « kirr-ik » grinçant comparé à une porte rouillée, très audible au crépuscule dans les plaines céréalières.
Pour situer ces deux perdrix parmi les autres oiseaux de la campagne, consultez notre guide pour reconnaître les oiseaux du jardin et notre page sur l’identification des oiseaux marrons. Une plume rayée trouvée en lisière de champ ? Notre guide quelle plume, quel oiseau vous aidera à l’identifier. Dans les plaines où vit la perdrix grise, vous croiserez aussi le busard Saint-Martin, l’un de ses prédateurs.