Serin cini : identification, chant, migration et confusions

Le serin cini (Serinus serinus) est le plus petit fringille d’Europe : 11 à 12 cm, 12 à 15 g, la taille d’une mésange bleue. Le mâle est jaune vif sur la tête et la poitrine, avec des flancs striés de noir, un bec très court et un croupion jaune visible en vol. On le repère surtout à son chant, un grésillement rapide et aigu lancé du sommet d’un arbre ou en vol nuptial. Migrateur partiel, il niche dans les parcs, vergers et jardins à conifères. Protégé, il est classé « vulnérable » en France depuis 2016.
Identifier le serin cini
Grosse tête ronde, bec minuscule et conique, corps compact, queue courte et échancrée : la silhouette du serin cini est celle d’un petit canari, dont il est d’ailleurs proche parent. Beaucoup de personnes qui voient un serin au jardin pensent d’abord à un canari échappé. Quatre critères suffisent à le reconnaître :
- un bec minuscule, plus court que celui de tous les autres petits fringilles jaunes ;
- des flancs blancs nettement striés de noir ;
- deux fines barres claires sur l’aile ;
- un croupion jaune vif, bien visible quand l’oiseau s’envole.
| Critère | Serin cini |
|---|---|
| Longueur | 11 à 12 cm |
| Envergure | 18 à 20 cm |
| Poids | 12 à 15 g |
| Mâle | Front, sourcil, gorge et poitrine jaune vif ; croupion jaune vif ; dos gris-beige strié de brun ; flancs blancs striés de noir |
| Femelle | Plus terne et plus striée, peu de jaune hors du croupion |
| Juvénile | Brun-chamois très strié dessus et dessous, barres alaires roussâtres, croupion brun pâle |
| Bec | Très court et obtus, rosé à brunâtre |
| Longévité | 2,5 ans en moyenne ; record connu d’environ 10 ans et demi |
| Statut | Espèce protégée ; « vulnérable » sur la Liste rouge des oiseaux nicheurs de France (2016) |
Mâle, femelle et jeune
Le mâle adulte porte un patron de tête typique : jaune vif sur le front, le tour de l’oreille et la gorge, gris-beige nuancé d’olive sur la nuque et les joues, souvent un petit croissant pâle sous l’œil. La femelle reprend ce dessin en très atténué ; elle est plus grise, nettement striée partout, et sa partie la plus jaune est le croupion, caché au repos mais diagnostique en vol. Le juvénile, visible de juin à l’automne, est encore plus brun : dessus chamois strié de brun, dessous jaune roussâtre strié, deux barres alaires roussâtres et croupion brun pâle. Pour éviter de le confondre avec un jeune linotte ou un jeune verdier, regardez le bec : celui du serin est toujours très court.
Ne pas confondre le serin avec le tarin, le canari ou le bruant jaune
Plusieurs petits oiseaux jaunes et striés fréquentent les jardins. Ce tableau reprend les critères qui tranchent sur le terrain.
| Espèce | Taille | Ce qui la distingue du serin cini |
|---|---|---|
| Tarin des aulnes | 11 à 12 cm | Bec plus long et pointu ; larges barres jaunes sur l’aile ; mâle à calotte et menton noirs ; surtout en hiver |
| Canari domestique | Variable | Oiseau de cage, souvent uniformément jaune ou orangé, sans stries noires sur les flancs |
| Bruant jaune | 16 à 17 cm | Bien plus gros, longue queue bordée de blanc, croupion roux |
| Verdier d’Europe | 14 à 16 cm | Plus grand, gros bec conique clair, trait jaune vif sur l’aile, peu ou pas de stries |
| Chardonneret élégant | Environ 12 cm | Face rouge, large bande jaune sur l’aile noire, bec pointu |
La confusion la plus fréquente concerne le tarin. Les deux ont le croupion jaune, mais le tarin a une calotte sombre unie (noire chez le mâle), un bec plus allongé et des bandes alaires jaunes beaucoup plus larges. Le canari domestique descend du serin des Canaries, une espèce voisine des îles atlantiques. Vous trouverez le détail dans nos fiches sur le tarin des aulnes et le bruant jaune.
Le chant du serin cini
Le chant du serin est un flot frénétique et grésillant de notes aiguës, émises très vite et presque sans pause, en longues trilles successives. Le mâle le lance perché en évidence au sommet d’un arbre, d’une antenne ou d’un fil, ou bien en vol nuptial : il papillonne alors au-dessus de son territoire avec des battements lents et amples, en chantant sans interruption.
- Quand : le mâle chante une grande partie de l’année, avec un pic pendant la reproduction, d’avril à l’été. Au nord, son chant signe le retour des migrateurs, fin mars ou début avril.
- Où : du haut d’un conifère, d’un arbre de rue, d’un poteau, ou en vol.
- Les cris : de petits gazouillis roulés et sonores, surtout en vol, qui permettent de repérer un groupe qui passe.
- Les jeunes : après l’envol, ils poursuivent leurs parents avec de petits cris insistants pour réclamer la becquée.
Le chant du verdier, plus lent, contient un « djiii » nasal étiré, et celui du chardonneret est plus liquide et varié. Pour vous familiariser avec le grésillement du serin, écoutez les enregistrements de xeno-canto cités en sources, de préférence ceux réalisés en France.
Migration : quand voir le serin cini ?
Le serin cini est un migrateur partiel. Les oiseaux du sud de la France sont sédentaires. Ceux du nord du pays partent vers le sud, notamment en Espagne, en septembre-octobre, et reviennent à partir de la mi-mars. Des serins d’Allemagne et des Pays-Bas viennent à l’inverse passer l’hiver dans l’ouest de la France.
En été, il niche sur la quasi-totalité du territoire. En hiver, il occupe surtout une large moitié sud et ouest du pays, sauf le Massif central, ainsi que la Corse. Au nord de la Loire, vous avez donc plus de chances de l’entendre au printemps et en été. Sur le pourtour méditerranéen, il est visible toute l’année au jardin, souvent en petites bandes en hiver dans les friches et les bords de chemin riches en herbes à graines.
Habitat : où vit et où niche le serin cini ?
Le serin cini n’est ni un oiseau de forêt dense ni un oiseau de grandes cultures. Il recherche des milieux semi-ouverts et ensoleillés, avec des arbres ou arbustes pour nicher et des zones d’herbes à graines pour se nourrir. Dans le sud, il fréquente les pinèdes, les oliveraies, les vergers et les vignes bordées de haies de cyprès. Plus au nord, il s’installe dans les vergers, les parcs, les jardins et même le long des avenues urbaines, partout où poussent des conifères touffus et des arbustes persistants : thuyas, ifs, buis, petits conifères ornementaux.
D’origine méditerranéenne, l’espèce a gagné le nord de l’Europe à partir des années 1850 ; elle a atteint les régions parisienne et nantaise dans les années 1860. Elle est aujourd’hui présente dans presque toute l’Europe continentale, mais reste absente des îles Britanniques comme nicheuse régulière et de la péninsule scandinave.
Que mange le serin cini ?
Le serin est essentiellement granivore. Il se nourrit au sol ou sur les tiges de petites graines de plantes herbacées : graminées et autres « mauvaises herbes » des friches, des bords de chemin et des potagers. Il consomme aussi des graines d’arbres, et au printemps des bourgeons et de petites fleurs. Les invertébrés ne représentent qu’une très faible part de son régime. Les jeunes sont nourris de petites graines tendres, ramollies dans le jabot des parents puis régurgitées.
Il fréquente peu les mangeoires suspendues. En hiver, de petites graines déposées sur un plateau ou au sol, près d’un arbuste, ont plus de chances de l’attirer. Le meilleur geste reste de laisser monter en graines quelques herbes sauvages dans un coin du jardin. Les autres conseils figurent dans notre guide pour nourrir les oiseaux en hiver.
Reproduction
Dès leur retour, les mâles réoccupent leur territoire et courtisent les femelles par le chant, le vol nuptial et des postures (corps redressé, ailes pendantes, queue relevée, gorge hérissée). Le couple est territorial mais peut former de petites colonies lâches dans les endroits favorables.
- Le nid : la femelle construit seule une petite coupe compacte de brindilles fines, de mousse et d’herbes, garnie de poils, de plumes et de duvet végétal, dans la fourche d’un arbre ou d’un arbuste dense, souvent un résineux, vers 2 m de hauteur.
- La ponte : 3 ou 4 œufs blanc bleuté légèrement tachetés de brun, d’avril à juillet en France.
- L’incubation : 12 à 13 jours, assurée par la femelle seule.
- L’élevage : les deux parents nourrissent les jeunes une quinzaine de jours au nid, puis une dizaine de jours après l’envol.
- Le nombre de nichées : deux sont classiques dans le sud, jusqu’à trois par an.
Un oiseau en déclin et protégé
Le serin cini reste répandu, mais le suivi STOC du Muséum national d’histoire naturelle mesure une baisse de 54 % de la population française depuis 1989. En 2016, l’espèce est passée dans la catégorie « vulnérable » de la Liste rouge des oiseaux nicheurs de France métropolitaine, aux côtés du verdier d’Europe et du chardonneret élégant. La régression des jachères, des chaumes d’hiver et des friches à graines, liée à l’intensification agricole, est la principale cause avancée.
Le serin cini est intégralement protégé par l’arrêté du 29 octobre 2009 : sa capture, sa détention et sa vente sont interdites. Il n’existe donc pas de « prix » pour un serin cini sauvage ; les serins vendus en animalerie sont des canaris domestiques, issus d’une autre espèce.
Au jardin, quelques gestes simples lui sont favorables :
- laisser un coin non tondu où les herbes montent en graines ;
- planter des arbustes persistants ou un petit conifère, supports possibles de son nid ;
- renoncer aux herbicides, qui éliminent les plantes dont il mange les graines.
Pour reconnaître les autres petits fringilles qu’il côtoie, voyez notre guide pour reconnaître les oiseaux du jardin et notre fiche sur le chardonneret élégant.
Questions fréquentes sur le serin cini
Le serin cini est-il rare ?
Il n’est pas rare au sens strict, car il niche presque partout en France. Ses effectifs ont cependant chuté de plus de moitié depuis 1989 et il est classé « vulnérable » sur la Liste rouge nationale depuis 2016. Il reste facile à entendre dans les villes et villages du sud, plus localisé au nord.
Que mange un serin cini ?
Surtout de petites graines de plantes herbacées sauvages, prises au sol ou sur les tiges, ainsi que des graines d’arbres, des bourgeons et de petites fleurs au printemps. Les insectes sont rares dans son menu. Les poussins reçoivent des graines ramollies régurgitées par les parents.
Quelle est la différence entre un serin cini et un tarin des aulnes ?
Le tarin a un bec plus long et pointu, de larges barres jaunes sur l’aile et, chez le mâle, une calotte et un menton noirs. Le serin a un bec minuscule, de fines barres alaires claires et une tête jaune sans noir. Le tarin se voit surtout en hiver, le serin surtout à la belle saison au nord.
Où niche le serin cini ?
Dans un arbre ou un arbuste au feuillage dense, de préférence un conifère, vers 2 m de hauteur. Les thuyas, ifs, cyprès et buis des parcs et jardins lui conviennent bien. La femelle y construit une petite coupe soignée de brindilles et de mousse, garnie de duvet et de plumes.
Quelle est l’espérance de vie d’un serin cini ?
À l’état sauvage, l’âge moyen observé est d’environ 2 ans et demi, comme pour beaucoup de petits passereaux soumis à une forte mortalité. L’âge maximal connu pour l’espèce dépasse 10 ans. Les canaris domestiques, d’une autre espèce et protégés des prédateurs, ne sont pas comparables.
Comment reconnaître le juvénile du serin cini ?
Le jeune serin est brun-chamois, fortement strié dessus comme dessous, avec deux barres roussâtres sur l’aile et un croupion brun pâle, sans le jaune vif de l’adulte. Son bec très court et sa grosse tête restent les meilleurs indices pour le distinguer des jeunes linottes et verdiers.