Nourrir les oiseaux du jardin : quand, quoi leur donner et les erreurs à éviter

Pour nourrir les oiseaux du jardin, la LPO conseille de le faire seulement pendant la mauvaise saison, en période de froid prolongé, soit en général de mi-novembre à fin mars. Donnez des graines de tournesol noir, des cacahuètes et du maïs concassé non salés, des graisses végétales sans huile de palme et des fruits flétris. Ne donnez jamais de lait ni de pain. Placez la mangeoire en hauteur, dans un endroit dégagé, et nettoyez-la souvent pour éviter les maladies. L’eau, elle, peut être proposée toute l’année.
Quand nourrir les oiseaux : hiver ou toute l’année ?
La LPO et l’Observatoire des oiseaux des jardins recommandent de nourrir les oiseaux uniquement en hiver, de mi-novembre à fin mars, quand le froid dure et que les graines et les insectes manquent. Le Muséum national d’Histoire naturelle rappelle que l’apport de nourriture ne concerne qu’un petit groupe d’espèces et change peu leurs chances de survie, sauf lors d’un hiver très rigoureux. Le nourrissage reste utile pour aider pendant les vagues de gel et pour observer les oiseaux de près.
Au printemps, arrêtez progressivement. La LPO conseille de réduire les quantités sur 7 à 10 jours, puis de cesser. Elle avance plusieurs raisons :
- les poussins doivent recevoir des protéines (chenilles, insectes, araignées), et les lipides des graines ou des boules de graisse ne leur conviennent pas ;
- les jeunes de l’année doivent apprendre à trouver seuls leur nourriture, sans dépendre d’un point fixe ;
- des études ont montré que des couples mieux nourris pondent plus tôt, ce qui décale les besoins des poussins par rapport au pic d’insectes ;
- les rassemblements d’oiseaux à la belle saison favorisent la salmonellose, qui touche notamment les verdiers et les pinsons ;
- les concentrations aux mangeoires augmentent la prédation par les chats et l’épervier d’Europe.
Nourrir les oiseaux en été et pendant la canicule
En été, les oiseaux trouvent assez d’insectes, de fruits et de graines sauvages : il n’est pas nécessaire de les nourrir. Lors d’une canicule ou d’une sécheresse, le vrai besoin est l’eau. Installez une coupelle peu profonde ou une soucoupe de pot de fleurs, avec une pierre au milieu pour que les petits oiseaux et les insectes puissent s’y poser sans se noyer. Placez-la à l’ombre et hors de portée des chats. La LPO demande de changer l’eau chaque semaine du printemps à l’automne, plus souvent par forte chaleur, pour éviter les larves de moustiques et les bactéries.
Que donner à manger aux oiseaux du jardin ?
Le mélange de base conseillé par la LPO se compose d’un tiers de tournesol noir, un tiers de cacahuètes fraîches non grillées et non salées, un tiers de maïs concassé. Le tournesol noir est plus riche en lipides que le tournesol strié et convient à la plupart des espèces. Évitez les mélanges très bon marché remplis de pois, de lentilles et de riz, que les oiseaux délaissent. Le tableau indique quels oiseaux viennent pour chaque aliment et comment le présenter.
| Aliment | Oiseaux attirés | Présentation conseillée |
|---|---|---|
| Tournesol noir | Mésanges, pinson des arbres, verdier, chardonneret, sittelle, gros-bec | Silo suspendu ou plateau couvert |
| Cacahuètes non salées | Mésanges, sittelle, pic épeiche | Distributeur grillagé, pour éviter que les oiseaux avalent une cacahuète entière |
| Maïs concassé, millet | Moineaux, accenteur mouchet, pinsons, tourterelles | Plateau ou mangeoire basse protégée des chats |
| Graines de niger | Chardonneret élégant, tarin des aulnes | Silo à petits orifices adapté au niger |
| Graisse végétale (pains ou boules) | Mésanges, rougegorge, pic épeiche, mésange à longue queue | Support grillagé, sans filet plastique |
| Pommes et poires flétries, raisin | Merle noir, grives, étourneau, fauvette à tête noire | Coupées en deux, au sol ou sur un plateau |
| Flocons d’avoine sans sucre ni sel | Rougegorge, merle, accenteur | Sur un plateau ou au sol, en petite quantité |
Chaque espèce a ses préférences : le chardonneret élégant raffole du niger et du tournesol, tandis que les insectivores comme le rougegorge préfèrent les graisses et les flocons d’avoine (voir notre guide : que mange le rouge-gorge). Les mésanges fréquentent tous les types de mangeoires suspendues.
Les aliments à ne pas donner aux oiseaux
Certains aliments de cuisine rendent les oiseaux malades ou les rassasient sans les nourrir. La liste de la LPO exclut notamment :
- le lait : les oiseaux ne le digèrent pas et il peut provoquer des troubles digestifs mortels ;
- le pain, les biscottes, les biscuits et les gâteaux : pauvres en nutriments, ils gonflent dans le jabot et moisissent vite quand ils sont humides ;
- toutes les graines et préparations salées, le lard salé et le gras de viande ;
- les pâtes, le riz et le blé, crus ou cuits, les lentilles et les pois ;
- les pommes de terre cuites, les salades et les carottes ;
- le fromage, que l’Observatoire tolère seulement en très petite quantité ;
- les biscuits et croquettes pour chiens et chats.
Le Muséum ajoute d’éviter les graisses très saturées, qui nuisent à la reproduction, et de ne jamais laisser de nourriture plus de deux jours dans la mangeoire. Stockez les graines dans un contenant fermé, au sec, hors de portée des rongeurs : des graines moisies transmettent des champignons aux oiseaux.
Recette maison : les boules de graisse pour oiseaux
Une préparation maison remplace les boules du commerce, souvent vendues dans des filets en plastique où les oiseaux se prennent les pattes. Voici la méthode de base, avec une graisse végétale sans huile de palme comme le recommande l’Observatoire des oiseaux des jardins :
- Faites fondre doucement de la graisse végétale solide, sans la faire bouillir.
- Hors du feu, ajoutez un mélange de tournesol noir, de cacahuètes concassées non salées, de flocons d’avoine et éventuellement de quelques raisins secs, jusqu’à ce que la graisse ne coule plus.
- Versez dans des moules : pots en terre retournés avec une ficelle passée dans le trou, demi-noix de coco, moules à muffins.
- Laissez durcir au frais quelques heures, démoulez et suspendez à une branche, à l’abri de la pluie si possible.
Ces pains se gardent au frais et ne doivent être sortis que par temps froid : la graisse ramollit et rancit dès que la température remonte. Un pain entamé et ramolli se jette.
Où installer la mangeoire ?
L’emplacement compte autant que la nourriture. Les recommandations de la LPO, du Muséum et de l’Observatoire convergent sur ces points. Placez la mangeoire à environ 1,50 mètre du sol, sur un poteau lisse ou suspendue, loin des murs, des clôtures et des branches basses qui serviraient de tremplin aux chats. Choisissez un endroit dégagé, au centre du jardin, d’où les oiseaux voient venir le danger, avec un arbre ou un buisson à quelques mètres où ils se réfugient. Éloignez-la des vitres pour éviter les collisions à l’envol, tout en la gardant visible depuis une fenêtre de cuisine ou de salon pour profiter du spectacle. Multipliez les petits points de nourrissage plutôt qu’une seule grande mangeoire, et ne l’installez pas à côté d’un nichoir occupé.
Hygiène des mangeoires et des abreuvoirs
Les mangeoires concentrent des dizaines d’oiseaux de plusieurs espèces au même endroit. Les fientes mélangées aux graines transmettent des maladies comme la salmonellose ou la trichomonose, une infection de la gorge qui touche particulièrement le verdier d’Europe. Les bons gestes :
- nettoyez les mangeoires plateau idéalement chaque jour, les autres chaque semaine, avec de l’eau chaude et du savon noir ou de Marseille, puis rincez et séchez ;
- retirez les restes non consommés et les graines humides ou moisies ;
- déplacez la mangeoire une ou deux fois par hiver pour éviter l’accumulation de fientes au sol ;
- au dégel, videz, nettoyez et désinfectez mangeoires et points d’eau : l’Observatoire signale cette période comme la plus risquée ;
- si vous trouvez des oiseaux malades ou morts, gonflés, apathiques ou les plumes collées autour du bec, arrêtez le nourrissage le temps que les oiseaux se dispersent et désinfectez tout le matériel.
Nourrir les oiseaux sans attirer les rats, les pigeons ou les écureuils
Les graines tombées au sol attirent les rongeurs, et un plateau ouvert attire les pigeons et les tourterelles, qui vident la mangeoire en quelques minutes. Pour limiter ces visiteurs, donnez de petites quantités renouvelées plutôt qu’un gros stock, et posez un plateau récupérateur sous les silos. Les mangeoires entourées d’une cage grillagée, à mailles assez larges pour une mésange mais trop étroites pour un pigeon, laissent passer les mésanges, les moineaux et les pinsons, mais bloquent pigeons et pies. Le tournesol décortiqué produit moins de déchets au sol. Contre les écureuils, un cône lisse placé sous la mangeoire, sur le poteau, les empêche de grimper. Rangez les sacs de graines dans des bidons fermés.
A-t-on le droit de nourrir les oiseaux ?
Dans votre jardin, nourrir les oiseaux est autorisé. La limite vient du règlement sanitaire départemental : son article 120, dans la version type reprise par la plupart des départements, interdit de jeter ou de déposer des graines ou de la nourriture dans les lieux publics pour attirer les animaux errants ou sauvages, notamment les pigeons et les chats. La même interdiction s’applique aux cours et parties privées d’un immeuble quand la pratique gêne le voisinage ou attire les rongeurs. Une infraction relève de la contravention de 3e classe, jusqu’à 450 euros. Beaucoup de communes prennent en plus des arrêtés anti-nourrissage des pigeons : renseignez-vous auprès de votre mairie avant de nourrir les oiseaux sur un balcon d’immeuble.
Questions fréquentes
Est-ce une bonne idée de nourrir les oiseaux ?
Oui en hiver, à condition de respecter les règles d’hygiène et de choisir les bons aliments. Le nourrissage aide quelques espèces pendant les froids prolongés et permet d’observer les oiseaux. Au printemps et en été, il devient inutile, voire nuisible : les poussins ont besoin d’insectes et les rassemblements favorisent les maladies.
Jusqu’à quand nourrir les oiseaux du jardin ?
Jusqu’à fin mars en général, ou jusqu’à la fin des gelées dans les régions froides et en montagne. Ne coupez pas brutalement : la LPO conseille de diminuer les quantités sur 7 à 10 jours. Si une vague de froid tardive survient en avril, un apport ponctuel de graines reste possible pendant quelques jours.
Peut-on donner du pain aux oiseaux ?
Non. La LPO classe le pain parmi les aliments à ne pas donner, comme les biscottes et les gâteaux. Il remplit l’estomac sans apporter les graisses dont les oiseaux ont besoin pour passer les nuits froides, et il moisit vite. Le pain jeté en ville attire aussi les pigeons et les rats.
Faut-il nourrir les oiseaux toute l’année ?
Non, selon la LPO et l’Observatoire des oiseaux des jardins. Hors de la période mi-novembre à fin mars, la nature fournit assez de nourriture, y compris en ville. Seule l’eau est utile toute l’année, surtout l’été pendant les canicules : une coupelle propre et peu profonde suffit, à condition de changer l’eau chaque semaine.
Quels oiseaux viennent aux mangeoires ?
Les plus réguliers sont les mésanges charbonnière et bleue, le rougegorge, le pinson des arbres, le moineau domestique, la sittelle, le chardonneret, le verdier et l’accenteur mouchet. Merle, grives et étourneaux préfèrent les fruits posés au sol. Pour savoir qui vient chez vous, aidez-vous de notre guide pour reconnaître les oiseaux du jardin.
Sources
- LPO, Quand nourrir les oiseaux ?
- LPO, Nourrissage des oiseaux : quand et pourquoi arrêter ?
- Muséum national d’Histoire naturelle, Faut-il nourrir les oiseaux en hiver ?
- Observatoire des oiseaux des jardins, Conseils mangeoires
- Assemblée nationale, réponse ministérielle sur l’article 120 du règlement sanitaire départemental type