Cri de la buse variable : l’écouter, le reconnaître et identifier l’oiseau

Le cri de la buse variable (Buteo buteo) est un miaulement plaintif et puissant d’environ deux secondes, souvent transcrit « kiiaaaahh » : il part haut et retombe à la fin. On l’entend surtout en vol, quand l’oiseau tourne en cercles au-dessus des bois et des prairies, et en particulier à la fin de l’hiver, au moment des parades. C’est le cri de rapace le plus courant dans les campagnes françaises, et celui que le cinéma prête souvent, à tort, aux aigles.
À quoi ressemble le cri de la buse variable
Le cri habituel est un « kiiaaaahh » tendu, de tonalité élevée, dont l’intonation baisse en fin de note. Beaucoup d’observateurs le comparent au miaulement d’un chat qui viendrait du ciel. On dit d’ailleurs que la buse miaule ou piaule, et l’on parle de miaulement ou de piaulement pour désigner son cri. La buse le lance le plus souvent en vol, mais aussi posée sur un arbre ou un piquet de clôture.
Ce cri de base porte loin et se répète à intervalles irréguliers, au fil des cercles que l’oiseau décrit. Dérangée, la buse s’envole calmement en piaulant. Le Geai des chênes imite ce miaulement à la perfection, si bien qu’un « cri de buse » lancé depuis le sous-bois peut venir d’un geai : si vous ne voyez aucun rapace et qu’un oiseau rose-brun aux ailes marquées de bleu s’envole, c’est lui. Les imitations du geai des chênes et ses cris trompent régulièrement les promeneurs, et notre guide pour reconnaître les oiseaux du jardin présente les autres espèces de la campagne.
Les différents cris de buse et leur signification
Les cris de buse varient selon la situation. Le miaulement de base sert à la fois de cri de contact entre partenaires, d’avertissement aux buses voisines et d’alarme en cas de danger. Le couple dispose aussi de cris plus discrets, entendus près du nid. Le tableau ci-dessous résume les situations décrites par les ornithologues.
| Cri | Description | Quand l’entendre |
|---|---|---|
| Cri de contact ou territorial | Miaulement « kiiaaaahh » de 2 secondes environ, aigu puis descendant | Toute l’année, surtout en vol au-dessus du territoire |
| Cri d’alarme | Même miaulement, plus puissant et plus répété | À l’approche d’un danger ou d’un intrus |
| Cris de parade | Piaulements répétés pendant les piqués et les remontées du couple | Fin février à mars, par beau temps |
| Cri de sollicitation de la femelle | « Siak siak siak » répétés | Période des accouplements, près du nid |
| Cris des jeunes | Proches du cri d’appel, plus aigus et très insistants | Été, pendant les semaines qui suivent l’envol |
Les cris des jeunes sont les plus faciles à remarquer. Après leur sortie du nid, en général en juillet, les juvéniles réclament bruyamment leur nourriture pendant des semaines, au point que leurs appels deviennent lancinants. Si vous entendez des miaulements répétés depuis la même lisière en plein été, une famille de buses est probablement installée à proximité.
Pourquoi la buse crie, et à quel moment
La buse vocalise le plus à la fin de l’hiver et au printemps. Dès la fin février, les couples paradent au-dessus de leur territoire : piqués, remontées, accrochages par les serres, le tout ponctué de piaulements. Le cri sert alors à marquer les limites du territoire et à renforcer le lien du couple, qui pourrait être uni pour la vie. En mars, les buses rechargent leur nid en branches, et la ponte intervient en avril.
En dehors de cette période, le cri reste fréquent mais plus espacé. La buse est un oiseau diurne : elle crie de jour et regagne le couvert forestier à la nuit tombante pour dormir. Un miaulement entendu au crépuscule vient souvent d’une buse qui rejoint son perchoir de nuit ou de jeunes qui réclament encore à manger. Un cri aigu et plaintif répété en pleine nuit, au printemps ou en été, provient en revanche plus souvent d’un rapace nocturne, par exemple de jeunes hiboux moyens-ducs, qui quémandent toute la nuit avec des « kiiiih » éraillés.
Identifier la buse variable : taille, plumage et statut
La buse variable est un rapace de taille moyenne, massif, à grosse tête et au cou peu visible. Elle se poste volontiers à découvert sur un poteau, un piquet ou un arbre isolé en bord de route, à l’affût des rongeurs. Son plumage est extrêmement variable d’un individu à l’autre, d’où son nom, mais la plupart des oiseaux sont d’un brun moyen avec une bande claire en travers de la poitrine. La femelle est plus grande et plus robuste que le mâle.
| Critère | Buse variable |
|---|---|
| Longueur | 50 à 57 cm |
| Envergure | 110 à 130 cm |
| Poids | 500 g à 1,3 kg, la femelle étant la plus lourde |
| Plumage adulte | Du brun sombre presque uniforme au blanc presque pur ; le plus souvent brun avec un bandeau pectoral clair |
| Juvénile | Plus clair et moins uniforme, dessus d’aspect écailleux, iris jaune pâle (brun-noisette chez l’adulte) |
| Bec et pattes | Bec noir à cire jaune, pattes jaunes |
| Longévité | Record connu de 28,8 ans |
| Alimentation | Surtout campagnols et autres petits rongeurs, taupes, lombrics, parfois charognes |
| Statut légal | Espèce protégée en France depuis 1972 |
| Liste rouge France (2016) | Préoccupation mineure (LC) chez les nicheurs |
La taille de la buse variable la place entre la corneille et les grands rapaces. Avec une envergure qui dépasse souvent un mètre, elle est nettement plus grande qu’un faucon crécerelle, l’autre rapace que l’on voit le plus en bord de route, qui ne mesure que 32 à 35 cm et pratique un vol sur place plus systématique.
La buse variable blanche
Une « buse variable blanche » appartient à la même espèce que les buses brunes. Ces individus très clairs montrent une tête, une poitrine et un ventre presque blancs, avec quelques taches ou stries brunes, et des ailes plus ou moins marquées de brun. Entre la buse blanche et la buse très sombre, tous les intermédiaires existent. Les oiseaux du nord de l’aire de répartition sont en moyenne plus pâles que ceux du sud, et des buses venues de Scandinavie renforcent les populations françaises de septembre à février.
Une buse très claire observée en hiver peut se confondre avec la buse pattue, un visiteur hivernal rare en France. Plus élancée, celle-ci a les tarses emplumés, et, vue de dessous, des poignets et des flancs sombres et une queue majoritairement blanche, barrée de noir à son extrémité chez l’adulte. Un rapace gris et blanc qui rase les cultures, ailes relevées, est plutôt un busard : notre fiche sur le busard Saint-Martin, rapace gris des plaines détaille ses critères.
Le vol de la buse : la reconnaître dans le ciel
En vol, la buse paraît compacte : grosse tête sans cou apparent, ailes larges sur toute leur longueur, terminées par cinq « doigts » noirs bien visibles, et queue assez courte, arrondie une fois étalée. Vu de dessous, le contraste est net entre les couvertures sous-alaires brunes et les rémiges très pâles, barrées de brun. Chez l’adulte, une bande sombre borde l’arrière de l’aile et l’extrémité de la queue.
Le vol battu est fait de battements rapides, comme frappés, de faible amplitude, coupés de phases planées. La buse plane très souvent, en cercles, dans les courants ascendants, les ailes légèrement relevées en V. Elle peut aussi chasser en vol sur place quand le vent s’y prête, avant de se laisser tomber obliquement sur un campagnol. Ce vol saccadé la distingue des milans, aux battements souples et à la queue échancrée.
Le cri de la buse au cinéma et les autres buses
Le cri de rapace que l’on entend dans les films et les publicités, plaqué sur des images d’aigles, est souvent celui d’une buse. Il s’agit en général de la buse à queue rousse (Buteo jamaicensis), une espèce d’Amérique du Nord dont le cri rauque et descendant sert d’effet sonore générique pour les rapaces.
D’autres buses ont des cris proches de celui de la buse variable. La buse de Harris, souvent présentée dans les spectacles de fauconnerie, appartient à un autre genre (Parabuteo unicinctus) et vit à l’état sauvage sur le continent américain. En France, le miaulement que vous entendez au-dessus d’un bois ou d’une prairie provient presque toujours de la buse variable, ou d’un geai qui l’imite.
Questions fréquentes
Comment s’appelle le cri de la buse ?
Le cri de la buse est appelé un miaulement ou un piaulement, car il évoque le miaulement d’un chat : on dit que la buse miaule ou piaule. Il s’agit d’une note longue d’environ deux secondes, aiguë au départ puis descendante, souvent transcrite « kiiaaaahh » ou « piiiié ». Elle est surtout émise en vol.
Quel est le cri du rapace que l’on entend le plus souvent en France ?
Le cri de rapace le plus entendu en France est celui de la buse variable, le rapace diurne le plus commun dans les paysages mêlant bois et espaces ouverts. Le faucon crécerelle lance de son côté des « ki-ki-ki » rapides et aigus, et le milan noir un sifflement tremblé qui rappelle un hennissement.
Pourquoi la buse crie-t-elle le soir ?
En fin de journée, la buse regagne les arbres où elle passe la nuit et peut crier en s’y rendant. En été, les jeunes récemment envolés réclament leur nourriture par des cris insistants jusqu’au crépuscule. La buse ne chasse pas la nuit : un cri plaintif entendu en pleine obscurité vient plutôt d’un hibou ou d’une chouette.
Quel est le son du cri de la buse variable ?
Le son est un miaulement puissant et plaintif, de tonalité élevée, qui retombe à la fin. Il peut être doux et espacé lors d’un simple contact, ou plus fort et répété en cas d’alarme. Les enregistrements de xeno-canto et d’oiseaux.net permettent de l’écouter et de le comparer à celui du geai imitateur.
La buse variable est-elle protégée ?
Oui. Comme tous les rapaces, la buse variable est protégée en France depuis 1972 : il est interdit de la tuer, de la capturer ou de détruire son nid. Longtemps classée nuisible, elle est aujourd’hui considérée comme une alliée des agriculteurs, car elle consomme de grandes quantités de campagnols.
Sources
- Oiseaux.net : fiche Buse variable (identification, voix, vol, reproduction)
- LPO : fiche Buse variable
- UICN France : Liste rouge des oiseaux de France métropolitaine (2016)
- Oiseaux.net : fiche Hibou moyen-duc (cris des jeunes)
- Wikipedia (en) : Red-tailed hawk, usage de son cri dans les médias
- Xeno-canto : enregistrements de la Buse variable