Oiseaux du jardin

Pigeon ramier (palombe) : identification, chant, nid et statut

Julie Panier28 octobre 202611 min
Pigeon ramier perché dans un arbre : tache blanche au cou entourée de reflets verts et pourpres

Le pigeon ramier (Columba palumbus), appelé palombe dans le Sud-Ouest, est le plus grand pigeon d’Europe : 40 à 45 cm pour 75 à 80 cm d’envergure. Il se reconnaît à la tache blanche de chaque côté du cou et, en vol, à la bande blanche qui barre le milieu de l’aile. Son chant est un roucoulement grave, « roûû-cou-coucou », très fréquent au printemps dans les jardins arborés. Espèce chassable et commune en France, il n’est pas protégé.

Identifier le pigeon ramier

Le ramier a une silhouette allongée, une petite tête et une longue queue. Sa tête et son dos sont gris bleuté, sa poitrine gris clair teintée de rose vineux. De chaque côté du cou, une tache blanche est entourée d’irisations vertes et pourpres. Au posé, l’aile fermée montre un fin trait blanc le long de son bord ; en vol, ce trait devient une large bande blanche transversale, visible de loin. La queue grise se termine par une large bande noire. L’iris est jaune pâle, presque blanc, le bec rose à la base et jaune au bout, les pattes roses.

CritèrePigeon ramier (Columba palumbus)
Longueur40 à 42 cm selon la LPO, 41 à 45 cm selon oiseaux.net
Envergure75 à 80 cm
Poids450 à 570 g selon les sources
AdulteGris bleuté, poitrine rosée, tache blanche au cou, bande blanche sur l’aile
Mâle et femellePresque identiques ; tache du cou plus grande et poitrine plus colorée chez le mâle, en moyenne
JuvénilePlus terne, sans tache blanche au cou (elle apparaît vers 6 à 8 semaines), iris et bec gris
Ponte2 œufs blancs, deux couvées par an ou plus
Incubation17 jours
LongévitéÂge moyen de 3,7 ans ; record connu d’environ 19 ans
Statut légalGibier chassable ; classable en espèce susceptible d’occasionner des dégâts selon les départements
Liste rouge UICNPréoccupation mineure (LC) ; population stable en France selon la LPO

Pigeon ramier mâle ou femelle

Le pigeon ramier ne montre presque aucune différence entre les sexes. En moyenne, le mâle a des taches blanches du cou plus étendues et une poitrine rose plus vive, mais ces écarts se chevauchent d’un individu à l’autre. Le comportement est plus parlant : au printemps, c’est le mâle qui roucoule longuement depuis une branche, gonfle la gorge et fait des courbettes devant la femelle. C’est aussi lui qui effectue le vol de parade décrit plus bas. La femelle a des vocalisations plus douces et plus rares.

Le jeune pigeon ramier

Le juvénile se repère facilement : il n’a pas encore la tache blanche du cou, qui n’apparaît qu’à 6 à 8 semaines. Son plumage est plus terne, gris nuancé de brun, et il ne porte pas les reflets verts et pourpres de l’adulte. Son iris et son bec sont gris. La bande blanche de l’aile est déjà présente, ce qui évite de le confondre avec un pigeon colombin. Les oiseaux de première année gardent ensuite un liseré brun clair sur certaines couvertures de l’aile.

Chant du pigeon ramier : le roucoulement

Le chant du pigeon ramier est facile à reconnaître. Il est sonore, grave et légèrement rauque. La phrase de base ne varie presque pas : la LPO la transcrit « roûû-cou-coucou », oiseaux.net « kouh kouh kouhkouh kouh kouhkouh kouhkouh kouh », avec l’accent sur la première syllabe et une dernière syllabe comme suspendue. Le mâle l’émet une fois ou la répète plusieurs fois de suite. La tonalité basse porte bien à travers le feuillage.

  • Quand l’entendre : surtout au printemps et en été, pendant la période de reproduction, qui s’étend de fin février à début septembre en région tempérée.
  • Où : partout où il y a des arbres, des bois aux jardins de ville.
  • Le cri territorial : un « wouhh-kouuuh » étiré, de même tonalité que le chant.
  • En hiver : l’espèce devient presque silencieuse en dehors de la saison de reproduction.
  Mésange à longue queue (orite) : identification, cris, nid et vie en groupe

Le ramier se signale aussi par le bruit de ses ailes. Il décolle et se pose dans un claquement sonore, et ses battements produisent un sifflement continu. Au printemps, le mâle fait un vol de parade spectaculaire : il monte en faisant claquer ses ailes, se laisse glisser ailes fermées et queue étalée, puis reprend son vol normal.

Ne pas confondre avec la tourterelle turque

Dans un jardin, le roucoulement qu’on confond avec celui du ramier est celui de la tourterelle turque. Le sien est un « kou-kouh-kou » en trois syllabes, plus court, dont la troisième note est séparée par un bref silence. La phrase du ramier est plus longue et plus grave. Visuellement, la tourterelle turque est bien plus petite (31 à 34 cm), beige rosé, avec un demi-collier noir au lieu des taches blanches.

Pigeon ramier, biset ou colombin : les différences

Trois pigeons sauvages vivent en France. Le ramier est le plus grand et le seul à porter du blanc au cou et sur l’aile.

CritèrePigeon ramierPigeon biset (de ville)Pigeon colombin
Taille40 à 45 cm, le plus grandPlus petit et plus trapuPlus petit et plus compact
CouTache blanche cerclée de vert et pourpreReflets verts et violets, sans blancTache verte irisée, sans blanc
AileBande blanche, très visible en volDeux barres noires sur l’aile griseCourtes marques noires, sans blanc
PlumageGris bleuté, poitrine roséeTrès variable chez les pigeons de villeGris bleu assez uniforme
NidDans les arbres, parfois sur un balconBâtiments, falaisesCavités d’arbres

Le biset des villes descend du pigeon domestique, issu du pigeon biset sauvage des falaises. Ramiers et bisets se côtoient en ville sans compétition marquée, car ils n’exploitent pas le milieu urbain de la même façon. Le ramier se nourrit surtout sur les pelouses et dans les arbres, le biset sur les places et les trottoirs.

Palombe ou ramier : un seul oiseau

Palombe et ramier désignent la même espèce. « Palombe » est le nom employé dans le Sud-Ouest, et désormais aussi dans le Sud-Est. Le mot vient du latin palumbes, qui a donné le nom scientifique palumbus. « Ramier » renvoie aux « rames », c’est-à-dire aux branches des arbres où l’oiseau niche et dort.

Les ramiers d’Europe de l’Ouest sont sédentaires ou erratiques. Ceux d’Europe du Nord, du Centre et de l’Est migrent. En octobre surtout, des troupes de plusieurs milliers d’oiseaux traversent la France vers le sud-ouest et franchissent les cols pyrénéens pour hiverner dans la péninsule Ibérique, où ils mangent des glands. Ce passage est suivi chaque automne par les ornithologues, et attendu par les chasseurs : la chasse à la palombe en palombière est une tradition des Landes et du Pays basque. Les dortoirs hivernaux peuvent rassembler plusieurs milliers d’oiseaux.

  Que mange le rouge-gorge ? Son régime et quoi lui donner en hiver

Habitat et alimentation

Le ramier a besoin d’arbres pour nicher et dormir, et d’espaces dégagés pour se nourrir au sol. Il niche aussi bien au cœur d’une forêt que dans un jardin de banlieue pourvu de quelques arbres. Il fréquente les clairières, les parcs urbains, les pelouses et surtout les terres agricoles, où sa nourriture abonde. Sa colonisation des grandes villes est récente, et elle continue.

Son régime est presque entièrement végétal : feuilles, bourgeons, jeunes pousses, graines cultivées ou sauvages, fruits, glands et faînes. Il peut avaler un gland entier ou un fruit de la taille d’une cerise. Une petite part d’invertébrés complète ce menu. Au jardin, il picore volontiers sous les mangeoires ; une mangeoire sur pied à toit bas limite l’accès des gros pigeons aux graines destinées aux petits oiseaux. Pour les bons gestes en hiver, voyez notre guide pour nourrir les oiseaux du jardin.

Nid et reproduction

Le pigeon ramier est monogame, et le couple dure souvent jusqu’à la mort d’un des partenaires. Le nid est une plate-forme plate et sommaire de 17 à 26 cm de diamètre, faite de brindilles entrecroisées, si fine qu’on voit parfois les œufs au travers. Il est posé dans la fourche d’un arbre, dans un lierre ou un arbuste dense, et de plus en plus souvent sur un bâtiment : balcon, jardinière, corniche.

  1. Ponte : 2 œufs blancs, de fin février à septembre ; deux couvées par an sont fréquentes, une troisième est possible.
  2. Incubation : 17 jours, par les deux parents ; le mâle couve surtout la journée.
  3. Nourrissage : les jeunes reçoivent d’abord le « lait de pigeon », une sécrétion du jabot, puis une bouillie de végétaux régurgitée.
  4. Envol : entre 20 et 35 jours selon la LPO, puis les jeunes restent quelque temps dépendants de leurs parents.

Statut : chassable et parfois classé nuisible

Le pigeon ramier n’est pas une espèce protégée : c’est un gibier, et l’un des oiseaux les plus chassés en Europe. L’espèce n’est pas menacée à l’échelle mondiale, et la LPO juge sa population stable en France. Les populations migratrices, qui supportent l’essentiel de la pression de chasse, sont en diminution, alors que les populations sédentaires se maintiennent ou progressent.

Dans de nombreux départements, le préfet classe chaque année le pigeon ramier parmi les espèces susceptibles d’occasionner des dégâts (ESOD, 3e groupe), en raison des dommages qu’il cause aux semis de colza, de tournesol, de pois et de céréales. Ce classement, qui remplace l’ancienne notion de « nuisible », autorise sa destruction selon les modalités et les périodes fixées par l’arrêté préfectoral. Un particulier gêné par des ramiers sur son balcon doit s’en tenir aux méthodes non létales : voyez notre guide sur les répulsifs pour pigeons.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre un ramier et un pigeon ?

Le ramier est une espèce de pigeon sauvage. Le « pigeon » des villes est le biset domestique, plus petit, sans blanc au cou et avec deux barres noires sur l’aile. Le ramier se reconnaît à sa grande taille, à la tache blanche de chaque côté du cou et à la bande blanche de l’aile, bien visible en vol.

Est-ce que le pigeon ramier est nuisible ?

Le terme « nuisible » a été remplacé par celui d’espèce susceptible d’occasionner des dégâts. Le pigeon ramier est classé dans cette catégorie dans de nombreux départements, par arrêté préfectoral annuel, pour ses dégâts sur les cultures. Au potager, il peut s’attaquer aux jeunes choux et aux semis de pois.

  Rougequeue noir : reconnaître l'oiseau à queue rouge des toits

Quel est l’autre nom du pigeon ramier ?

Le pigeon ramier est appelé palombe dans le Sud-Ouest de la France, et désormais aussi dans le Sud-Est. On dit aussi simplement « ramier ». Les deux noms désignent la même espèce, Columba palumbus. Le pigeon colombin, plus petit, est parfois appelé « rouquet » dans le Sud-Ouest.

Pourquoi dit-on pigeon ramier ?

« Ramier » vient de « rame », ancien mot désignant les branches des arbres. Le nom rappelle que ce pigeon niche et dort dans les arbres, contrairement au biset qui niche sur les falaises et les bâtiments. Le nom latin palumbus, lui, est à l’origine de « palombe ».

Combien de temps vit un pigeon ramier ?

L’âge moyen d’un pigeon ramier sauvage est d’environ 3,7 ans, selon les données compilées par oiseaux.net. Son principal prédateur naturel est l’autour des palombes, et la chasse prélève chaque année une part importante des oiseaux. Le record connu dépasse 19 ans.

Le pigeon ramier est-il protégé ?

Non. Le pigeon ramier figure sur la liste des espèces de gibier et se chasse pendant la saison légale. Il reste soumis aux règles de la chasse : périodes d’ouverture, modes de chasse autorisés et, là où il est classé ESOD, modalités de destruction fixées par arrêté. Pour découvrir les espèces protégées qui partagent son habitat, consultez notre guide pour reconnaître les oiseaux du jardin.

Sources

Laisser un commentaire

Votre info locale
Résumé de la politique de confidentialité

Ce site utilise des cookies afin que nous puissions vous fournir la meilleure expérience utilisateur possible. Les informations sur les cookies sont stockées dans votre navigateur et remplissent des fonctions telles que vous reconnaître lorsque vous revenez sur notre site Web et aider notre équipe à comprendre les sections du site que vous trouvez les plus intéressantes et utiles.