Loriot d’Europe : chant, identification, migration et nid

Le loriot d’Europe (Oriolus oriolus) est un passereau de la taille d’un merle, de 22 à 25 cm. Le mâle est jaune d’or avec les ailes et la queue noires, la femelle est vert-jaune et striée dessous. On l’entend bien plus qu’on ne le voit : son chant est un sifflement flûté transcrit « didelio », lancé depuis la cime des grands arbres de fin avril à juillet. Migrateur au long cours, il passe l’hiver en Afrique au sud du Sahara. C’est une espèce protégée en France.
Le chant du loriot : comment le reconnaître
Le chant du loriot d’Europe est le meilleur indice de sa présence. Il s’agit d’une courte strophe sifflée, flûtée, très claire et sonore, de trois ou quatre notes qui montent puis redescendent. Les guides la transcrivent « didelio », « di-de-lio », « fidelio » ou « lûolio ». La strophe est brève et répétée à intervalles, avec des silences entre chaque phrase. Le timbre fait penser à quelqu’un qui siffle : le chant est d’ailleurs facile à imiter. Il porte loin, ce qui permet de repérer l’oiseau à plusieurs centaines de mètres alors qu’il reste invisible dans le feuillage.
Quand et à quelle heure chante le loriot ?
Le mâle chante dès son retour de migration, de fin avril à mai selon les régions, et surtout pendant la formation des couples et la construction du nid. Le chant est le plus soutenu en mai et en juin, puis faiblit en juillet, avant le départ. On l’entend surtout tôt le matin, au lever du jour, mais il peut chanter toute la journée par temps chaud. En août, les loriots deviennent silencieux et passent facilement inaperçus. Pendant la construction du nid, le mâle suit la femelle dans ses allées et venues en chantant.
Les cris du loriot d’Europe
Les cris n’ont rien de mélodieux. Le plus fréquent est un « vièèèk » nasillard et rauque, souvent comparé à un cri de geai des chênes ou à un miaulement de chat. Les oiseaux émettent aussi des notes brèves et sèches, du type « trèèk » ou « kick-kick », quand ils sont inquiets. Près du nid, le mâle produit un babil rapide et peu sonore qui rappelle une fauvette, entrecoupé de notes flûtées. Si vous entendez un cri de geai sortir du haut d’un peuplier en juin, vérifiez : c’est souvent un loriot.
Attention à l’étourneau imitateur
L’étourneau sansonnet imite parfaitement le chant du loriot. L’imitation est en général moins puissante et s’insère dans un babil grinçant et varié, typique de l’étourneau. Elle peut aussi s’entendre en mars ou en octobre, quand aucun loriot n’est présent en France. La LPO conseille donc de confirmer toute identification au chant par une observation visuelle. Une imitation signale tout de même que des loriots nichent probablement dans le secteur, puisque l’étourneau reprend les sons qu’il entend autour de lui.
Identification du loriot d’Europe
Le loriot d’Europe est le seul représentant en Europe de la famille des Oriolidés. Sa silhouette est allongée, avec des ailes pointues, une queue courte et un bec assez fort, rouge rosé chez l’adulte. Son vol rapide et onduleux rappelle celui d’un pic ou d’une grive, de cime en cime. Il descend rarement au sol. Malgré ses couleurs vives, il se camoufle bien : le jaune se confond avec les taches de lumière dans les frondaisons.
| Critère | Loriot d’Europe |
|---|---|
| Nom scientifique | Oriolus oriolus (famille des Oriolidés) |
| Longueur | 22 à 25 cm |
| Envergure | 44 à 47 cm |
| Poids | 65 à 80 g environ selon les sources |
| Mâle adulte | Jaune d’or, ailes et queue noires, lores noirs entre l’œil et le bec, bec rouge rosé |
| Femelle | Dessus vert-olive, dessous blanchâtre strié de sombre, flancs jaunâtres, ailes brun-gris |
| Juvénile | Proche de la femelle, plus terne et plus strié, bec sombre |
| Longévité | Environ 8 ans en moyenne ; record proche de 15 ans |
| Présence en France | De mi-avril à septembre (migrateur) |
| Statut | Espèce protégée ; « préoccupation mineure » (LC) sur la liste rouge des nicheurs de France (2016) |
Le mâle
Le mâle adulte est l’un des oiseaux les plus colorés d’Europe. La tête, le dos, le croupion et tout le dessous sont jaune d’or, parfois teinté de verdâtre. Les ailes sont noires, avec une petite tache jaune au niveau des couvertures primaires. La queue est noire, avec les coins jaunes. Une tache noire relie l’œil au bec, sans dépasser l’œil vers l’arrière : ce détail le distingue du loriot indien et du loriot de Chine, souvent photographiés en Asie.
La femelle
La femelle du loriot d’Europe est beaucoup plus discrète. Son dessus est vert-olive, ses ailes brun-gris, et son dessous blanc sale finement strié de noir, avec des flancs vert-jaune. Le plumage jaunit avec l’âge : certaines femelles âgées deviennent presque aussi jaunes que les mâles et sont alors difficiles à distinguer. Elle reste cachée dans le feuillage comme le mâle et se repère surtout en mai, quand le mâle la suit d’arbre en arbre pendant la formation du couple et la construction du nid.
Le juvénile
Le jeune loriot ressemble à la femelle, en plus terne et plus strié dessous, avec un bec sombre qui rougit progressivement. La LPO signale une ressemblance avec le jeune étourneau, qui est toutefois plus petit, plus sombre et brun-gris uniforme. Les jeunes restent une quinzaine de jours avec leurs parents après l’envol, avant de partir à leur tour en migration. Les autres oiseaux jaunes de la campagne, comme le bruant jaune ou le serin cini, sont deux fois plus petits et ont un bec conique de mangeur de graines : ils ne peuvent pas être confondus avec un loriot.
Migration du loriot d’Europe
Le loriot d’Europe est un migrateur complet : aucun individu ne passe l’hiver en France. Il hiverne en Afrique tropicale, au sud du Sahara, jusqu’en Afrique du Sud. Il voyage surtout de nuit. Au printemps, les mâles arrivent quelques jours avant les femelles et reprennent souvent le territoire de l’année précédente. Le retour coïncide avec l’apparition des feuilles. À l’automne, une grande partie des oiseaux passe par l’Italie et les Balkans, puis par l’Égypte, en consommant beaucoup de fruits, figues et dattes notamment, pour constituer leurs réserves.
| Période | Ce qui se passe |
|---|---|
| Mi-avril à fin mai | Retour d’Afrique, les mâles d’abord ; premiers chants |
| Mai | Formation des couples, construction du nid, chant très actif |
| Fin mai à juin | Ponte de 3 à 4 œufs, incubation puis élevage des jeunes |
| Juillet | Envol des jeunes ; premiers départs |
| Août à mi-septembre | Départs en migration, les oiseaux deviennent silencieux |
| Octobre à mars | Absent de France, en Afrique subsaharienne |
Où voir le loriot d’Europe en France ?
Le loriot niche dans presque toute la France, surtout en plaine : sa nidification se situe sous 600 m d’altitude. Il est rare sur la côte de la Manche et absent de certaines îles et des massifs montagneux. Il recherche les grands arbres à feuilles caduques : peupleraies, chênaies, ripisylves (boisements de bord de cours d’eau), frênaies, grands parcs et vergers bordés de haies hautes. L’interface entre un bois et une rivière lui convient particulièrement. Il boit et se baigne volontiers en plongeant dans l’eau, ailes fermées.
- Où chercher : la cime des peupliers, des chênes et des frênes, le long des rivières et des marais boisés.
- Quand : de fin avril à juillet, tôt le matin, en repérant d’abord le chant.
- Comment : attendre que l’oiseau change d’arbre ; c’est en vol, d’un houppier à l’autre, qu’on voit le mieux le mâle jaune et noir.
- Au jardin : un loriot peut venir manger des cerises ou des mûres dans un grand jardin arboré proche d’un bois ou d’une rivière.
Nid et reproduction
Le nid du loriot est un petit hamac suspendu dans la fourche d’une branche horizontale, à une hauteur de 5 à 20 m. La femelle le construit en une semaine environ avec des herbes longues, de la paille, des fibres d’écorce, du crin, de la mousse et des toiles d’araignée. Il mesure 8 à 10 cm de diamètre pour 6 à 7 cm de profondeur, selon la LPO. Ce nid très solide résiste parfois jusqu’à l’année suivante. Le couple ne mène qu’une seule couvée par an.
- Ponte : 3 à 4 œufs, souvent fin mai ou en juin.
- Incubation : 14 à 15 jours, assurée surtout par la femelle (15 à 18 jours selon la LPO).
- Élevage : les jeunes, nourris par les deux parents d’insectes et de fruits, quittent le nid à environ deux semaines.
- Après l’envol : les jeunes restent une quinzaine de jours avec leurs parents avant la migration.
Les adultes défendent vivement le nid contre les écureuils, corneilles, geais et rapaces. Face à un prédateur, ils peuvent se figer, le corps tendu et le bec pointé vers le haut.
Alimentation : insectes et fruits mûrs
Au printemps, le loriot se nourrit surtout de gros insectes capturés dans le feuillage : chenilles, hannetons et autres coléoptères, sauterelles, papillons, guêpes et bourdons, ainsi que des araignées. À partir de juin, la part des fruits augmente : cerises, mûres, framboises, baies de sorbier. Ce goût pour les cerises lui vaut le surnom de « voleur de cerises » dans les vergers du sud de la France. Il lui arrive aussi, plus rarement, de chasser au sol des vers de terre, et même de petits amphibiens. Le loriot ne fréquente pas les mangeoires : pour le favoriser, mieux vaut garder des arbres fruitiers et de grands arbres.
Statut et protection
Le loriot d’Europe est protégé sur tout le territoire français : il est interdit de le capturer, de le détenir, de le perturber intentionnellement ou de détruire son nid. Il est classé en « préoccupation mineure » (LC) sur la liste rouge des oiseaux nicheurs de France métropolitaine (2016), comme au niveau mondial. La population française est jugée relativement stable. Les menaces principales tiennent à la disparition des grands arbres de bord de rivière et des vieilles peupleraies, et à la baisse des gros insectes. Il est aussi espèce déterminante pour les ZNIEFF dans plusieurs régions. Pour reconnaître d’autres espèces jaunes ou colorées, consultez notre guide pour reconnaître les oiseaux du jardin.
Questions fréquentes sur le loriot d’Europe
Le loriot d’Europe est-il rare ?
Non, il est assez commun en plaine dans la majeure partie de la France, mais il est discret. BirdLife estimait la population française entre 150 000 et 600 000 couples en 2004. Il paraît rare parce qu’il vit caché dans la cime des arbres et ne reste chez nous que de fin avril à août. Le plus souvent, on l’entend sans jamais le voir.
Quand chante le loriot ?
Le loriot chante de son retour, fin avril ou début mai, jusqu’en juillet. Le chant est le plus fréquent en mai et en juin, surtout au lever du jour, mais il peut se poursuivre une bonne partie de la journée. En août, avant la migration, il ne chante presque plus et ne lance que quelques cris nasillards.
Où trouve-t-on le loriot d’Europe ?
En été, il occupe l’Europe, sauf le nord de la Scandinavie, et l’Asie de l’Ouest. En France, il niche dans les boisements de feuillus de plaine, les peupleraies, les forêts alluviales et les grands parcs, sous 600 m d’altitude. En hiver, il vit en Afrique tropicale et australe, dans les savanes boisées et les lisières de forêt.
Où nichent les loriots ?
Les loriots nichent en hauteur, entre 5 et 20 m, dans la fourche d’une branche de grand arbre feuillu : peuplier, chêne, frêne, hêtre, aulne, plus rarement pin. Le nid est un hamac suspendu, caché sous le feuillage. Les couples sont souvent fidèles à leur territoire d’une année sur l’autre et réutilisent parfois l’ancien nid.
Comment dit-on loriot d’Europe en anglais ?
En anglais, le loriot d’Europe se nomme « Eurasian golden oriole », souvent abrégé en « golden oriole ». Le mot oriole vient du vieux français « oriol », lui-même issu du latin aureolus, « doré ». En allemand, on l’appelle « Pirol » ou « Goldamsel », le merle doré. Ces noms rappellent tous le plumage jaune d’or du mâle.
Le loriot vient-il dans les jardins ?
Seulement dans les grands jardins très arborés, proches d’un bois, d’une peupleraie ou d’une rivière. Il peut alors visiter un cerisier ou un mûrier en juin et juillet. Il ne se pose jamais aux mangeoires et n’utilise pas de nichoir. Conserver de grands arbres et des fruitiers non traités est la meilleure façon de l’attirer, comme pour d’autres migrateurs tels que la huppe fasciée.